Redoutant l’impact de la pandémie du Covid-19 sur le secteur du vin et l’effondrement possible de certains importateurs et distributeurs, l’industrie du vin de l’UE réclame à son tour des mesures spécifiques à court et à moyen terme visant à atténuer les effets de la crise naissante sur les marchés vitivinicoles de l’Union.
Redoutant l’impact de la pandémie du Covid-19 sur le secteur du vin et l’effondrement possible de certains importateurs et distributeurs, l’industrie du vin de l’UE réclame à son tour des mesures spécifiques à court et à moyen terme visant à atténuer les effets de la crise naissante sur les marchés vitivinicoles de l’Union.
« Le secteur de l’Horeca (hôtels, restaurants, cafés) étant fermé presque partout, nous estimons que le marché du vin de l’UE est bloqué à 30 % en volume et 50 % en valeur ». C’est en tout cas ce qu’affirme Jean-Marie Barrière, le président du Ceev (Comité européen des entreprises vinicoles), le lobby de l’industrie et du commerce de vins de l’UE, après plusieurs semaines de confinement décidées par la plupart des États membres de l’UE. Celui-ci explique que les contrôles renforcés et les mesures de sécurité aux frontières ont entraîné des problèmes logistiques, lesquels à leur tour se sont traduits par « une baisse des ventes de vins et un ralentissement de la production, dans le meilleur des cas, voire carrément par la fermeture d’entreprises de vins ». Selon lui, après quelques opérations de stockage début mars, « les ventes de vins ont de nouveau baissé dans les supermarchés à la fin du mois, renforçant ainsi la tendance négative du marché du vin ». Du côté des exportations de vins, le président du Ceev souligne que bien qu’elles ne soient pas complètement arrêtées, elles sont devenues « irrégulières et 100 % des opérateurs du secteur du vin déclarent ne pas être en mesure de maintenir leur niveau d’exportation depuis janvier 2020 ». Devant la paralysie temporaire du secteur Horeca, il craint une perturbation sur le secteur du tourisme, voire l’effondrement possible de certains importateurs et distributeurs de vin. Selon le président du Ceev, ce à quoi l’industrie du vin est confrontée « n’est pas une simple crise à court terme et il faudra sans aucun doute du temps et des investissements pour redresser les marchés vinicoles de l’UE ».
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Afin d’atténuer les effets dévastateurs du Covid-19 – présents et futurs – sur le secteur vitivinicole, il explique que son organisation a élaboré un ensemble de mesures d’urgence et de redressement à l’intention des autorités nationales et des institutions européennes. Les mesures d’urgence devraient se concentrer sur la préservation des entreprises vinicoles et de leurs finances, tandis que les mesures de redressement devraient canaliser leurs actions sur la reconstruction des marchés du vin et la reconquête de parts de marché au niveau mondial. « Comme première mesure », a expliqué Ignacio Sanchez Recarte, le secrétaire général du Ceev, il est essentiel que la Commission européenne autorise le « gel » des ressources économiques non utilisées dans le cadre des programmes nationaux de soutien au secteur vitivinicole pour l’exercice 2019/2020 « afin de les maintenir à la disposition des États membres jusqu’à l’exercice 2022/2023 pour aider le secteur à se redresser ». Pour ce qui est de la reprise des marchés du vin après la période de confinement, le secrétaire général plaide pour une plus grande flexibilité pour les programmes de promotion des vins, une taxe sur la valeur ajoutée (TVA) réduite temporaire pour les produits vinicoles, ainsi que l’adoption d’un cadre adéquat pour la vente à distance. Pour revitaliser le secteur, Sanchez Recarte estime que « des adaptations juridiques seraient nécessaires pour dynamiser la catégorie des produits vitivinicoles aromatisés et la création de catégories de vins sans alcool et à faible teneur en alcool ». Pour ce qui est du rétablissement des marchés d’exportations, il considère qu’une « résolution rapide du conflit commercial avec les États-Unis » est nécessaire ainsi que des efforts supplémentaires pour pouvoir accéder à d’autres marchés internationaux.
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