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Etiquetage nutritionnel/UE L’industrie laitière européenne critique quant au projet d’étiquetage britannique

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Le projet d’étiquetage nutritionnel annoncé récemment par le ministère de la Santé britannique irait-il à l’encontre de la réglementation européenne relative à l’information des consommateurs ? En tout cas c’est ce que pense l’industrie laitière européenne qui estime que le projet d’étiquetage nutritionnel dit « hybride » (combinant trois systèmes) va à contre-courant du système européen d’étiquetage harmonisé représenté par « le règlement communautaire sur l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires », adopté en 2011 (1).

Le 24 octobre 2012, le ministère de la Santé britannique a annoncé que le résultat de la consultation de trois mois des parties prenantes (industrie, distributeurs, consommateurs, notamment) a retenu comme information aux consommateurs un étiquetage hybride combinant trois systèmes : celui prévoyant la mention, sur l’avant des emballages, des « apports journaliers recommandés » (AJR), celui dit des « codes de couleurs » (ou « feux de circulation », rouge, vert, jaune) (2) pour les quantités d’énergie des produits et celui mentionnant les proportions « élevées/moyennes/basses» de matières grasses, de sel et de sucre contenues dans les produits alimentaires. Le nouveau système d’étiquetage devrait entrer en vigueur au cours de l’été 2013. « Il s’agit d’un système d’étiquetage national qui irait à l’encontre de la législation européenne harmonisée par le règlement communautaire sur l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires », a dénoncé l’industrie laitière européenne. Pour rappel lors des débats sur le règlement sur l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires, l’industrie alimentaire européenne a bataillé – avec succès – contre l’instauration du système dit des « feux de signalisation ». Voilà que le Royaume-Uni s’apprête non seulement à l’étendre à l’ensemble du pays mais souhaiterait que d’autres pays membres l’adoptent aussi. L’industrie laitière européenne considère qu’en agissant ainsi, en adoptant ce fameux système hybride, le Royaume-Uni ferait en quelque sorte « cavalier seul » sur la scène européenne et entretiendrait la confusion dans la tête des consommateurs.

Permettre au consommateur de comparer

Ce n’est pas tout-à-fait l’avis du gouvernement britannique qui, au contraire, considère que des recherches ont montré que la présentation d’informations cohérentes et combinant les trois systèmes « serait plus facilement comprise par les consommateurs, lesquels seraient en mesure de comparer les informations nutritionnelles mentionnées sur les aliments qu’ils achètent ». « Offrir un système unique d’étiquetage nutritionnel c’est faire preuve de bon sens ; cela nous aiderait tous à faire des choix sains et de garder trace de ce que nous mangeons. Faire même de petits changements à notre régime alimentaire peut avoir un impact majeur sur notre santé. Réduire notre consommation moyenne de sel de 1,6 gramme par jour permettrait d’éviter plus de 10 000 décès prématurés par an », a notamment indiqué Andrew Lansley, secrétaire d’État à la santé britannique. Ce dernier considère au contraire que le nouveau règlement 1169/2011 sur l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires « accorde une certaine flexibilité dans la manière d’offrir des informations nutritionnelles aux consommateurs sur les emballages des produits alimentaires ». Aux yeux du secrétaire d’Etat, « être en surpoids et avoir une mauvaise alimentation peut conduire à des maladies graves comme le cancer et le diabète de type 2. Nous devons faire tout notre possible pour aider les gens à faire des choix plus sains ».
 
(1) Règlement 1169/2011 sur l'information des consommateurs sur les denrées alimentaires, entré en vigueur le 25 octobre 2011.
(2) Le système dit de « feux de signalisation tricolores », déjà pratiqué notamment au Royaume-Uni, permet d’indiquer sur les étiquettes la présence de certains éléments nutritifs en quantité importante, faible ou très faible, identifiable en un seul coup d’œil sur les couleurs par les consommateurs.

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