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Oeufs L'influenza aviaire aux USA fait flamber les cours en Europe

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Grevée par une épidémie de grippe aviaire, la production américaine d'œufs ne suit plus la demande. Les répercussions se font sentir jusqu'en Europe, où les exportations vers les Etats-Unis et ses clients historiques se développent, et où depuis cinq semaines ; les prix intérieurs flambent.

Les Etats-Unis enchainent les problèmes sanitaires. Après la diarrhée épidémique porcine (DEP), c'est autour de la grippe aviaire de toucher la production d'œufs. L'épizootie d'influenza aviaire qui frappe les Etats-Unis depuis décembre 2014 a fait perdre 11% de son cheptel à la production d'œufs américaine, selon l'interprofession française de l'œuf (CNPO). En conséquences, les cours de l'œuf ont plus que doublé aux Etats-Unis, grevant les exportations américaines (de jaune, essentiellement vers l'Asie et les pays du Moyen-Orient). Cependant la consommation reste toujours aussi importante, créant un véritable appel d'air aux importations. Exportateurs traditionnels, les Pays-Bas sont les mieux placés en Europe sur ce marché.

Impact sur les cours européens

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Les répercussions se font ressentir depuis 5 semaines en Europe, où les prix ont augmenté de l'ordre de 60%, estime le syndicat des industriels de l'œuf (Snipo). Pour les producteurs d'œufs français, c'est une aubaine ; ils travaillent pour la grande majorité d'entre eux avec des contrats composés d'une part fixe et d'une part liée aux cotations. Par contre, ce phénomène alarme le Snipo (casseries et centres de conditionnement), qui dans un communiqué du 30 juin, s'inquiète de voir la rentabilité des entreprises se dégrader rapidement. Cette organisation craint que ses membres ne puissent pas répercuter assez rapidement cette brutale augmentation des prix d'achats aux producteurs vers l'amont (transformateurs, restauration et distribution). De la même manière, la Confédération française de l'aviculture (association spécialisée de la FNSEA) appelle les opérateurs « à bien tenir compte de ce nouveau contexte économique dans leurs relations commerciales ». Pour la CFA, cette embellie des cours devrait perdurer tout au long de l'année 2015 et même 2016. Le CNPO fait la même analyse, et constate, comme ce fut le cas dans la filière porcine avec l'épisode de DEP, que le système de sécurité sanitaire des Etats-Unis se révèle défaillant, et devrait avoir besoin de plusieurs mois pour se réformer et devenir efficace. Pour rappel, le dernier cas de influenza aviaire en Europe, en novembre dernier aux Pays-Bas, ne s'était répandu à aucun autre élevage.