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L'ingrédient à base de microalgues d'Edonia fait son entrée dans la restauration collective avec Newrest

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L'ingrédient Edo d'Edonia peut être utilisé pour végétaliser certaines recettes. Crédits : © Lilie Bedos + Edonia

Edonia a signé un accord avec le groupe de restauration collective Newrest, qui va utiliser son ingrédient végétal dans ses menus. La start-up est en cours d'extension de son pilote industriel. 

Edonia, qui a développé un ingrédient alternatif à la viande à partir de microalgues, vient d’annoncer un partenariat commercial avec la société de restauration Newrest (3,4 Mrd€ de CA en 2025). Aux termes de cet accord, Edo, la protéine végétale fabriquée par Edonia, fait son entrée dans les menus proposés par Newrest, permettant ainsi « d’accélérer la végétalisation des repas servis dans la restauration collective », explique le groupe dans son communiqué du 4 novembre 2025. Edo a été testée dans une recette de sauce bolognaise végétale auprès de 1000 convives de Newrest fin octobre au sein de sa plus grosse cuisine centrale, à Barentin en Normandie. « Nous avons reçu de très bons retours, indique Hugo Valentin, cofondateur d’Edonia. Maintenant, nous travaillons à étendre le développement de notre ingrédient sur d’autres sites du groupe de restauration collective ». Dès novembre, un premier service à hauteur de 10 000 repas sera disponible dans différents établissements collectifs de Newrest, selon Edonia. 

Lire aussi : Hugo Valentin (Edonia) : « Notre procédé unique permet de transformer de la biomasse de microalgue en ingrédient texturé au goût umami »

Une levée de fonds en préparation

La technologie brevetée d’Edonia, baptisée edonisation, vise à modifier le goût, la texture et la couleur des microalgues pour produire un ingrédient texturé à forte teneur en protéines et en acides aminés 100% naturels. Celui-ci peut être utilisé dans différentes recettes en complément de la viande, ou seul dans des plats végétariens. La startup a été cofondée en 2023 par Pierre Mignon (COO), Hugo Valentin (CEO), Nicolas Irlinger (CTO) et AgroParisTech Innovation, qui détient d’ailleurs 1% du capital. 

Edo est actuellement fabriqué dans le pilote de la start-up à Agen, d’une capacité de 50 tonnes par an. « Ce pilote est en phase de montage d’une seconde unité de production qui sera opérationnelle en 2027 », nous explique Hugo Valentin. Pour accompagner le développement de son site industriel, la société prépare actuellement une levée de fonds de série A, dont elle ne donne pas encore le montant. Cette opération devrait être bouclée à la fin du premier semestre 2026. En avril 2024, Edonia avait réalisé une première levée de fonds de 2 M€, menée par Asterion Ventures et complétée par des fonds Bpifrance.  

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D'autres partenariats dans les tuyaux

Outre la restauration collective, Edonia s’adresse aussi aux agroindustriels. « Nous avons signé plusieurs précontrats avec une grosse dizaine d’agroindustriels européens, majoritairement français, mais aussi asiatiques. Ils vont tester notre ingrédient dans leurs recettes en 2026, avant un démarrage effectif en 2027, dès que nous aurons les capacités de production nécessaires », nous précise Hugo Valentin. Edonia a déjà « pré-vendu plusieurs milliers de tonnes d’Edo, représentant 15 M€ de chiffre d’affaires en précontrat », indique la société. Sur la base de ses capacités de production actuelles, Edonia sera en revanche en mesure de fournir son ingrédient à des PME « qui n’ont besoin que de quelques tonnes », explique le cofondateur. 

La société travaille aussi en R&D sur le développement d’une variante de son ingrédient Edo sous forme déshydratée, et planche également sur une évolution de la gamme qui pourrait être enrichie en fer notamment, ou en vitamine B12.