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Table ronde L'innovation se raisonne davantage en filière

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Les secteurs agricole et agroalimentaire abordent de plus en plus l'innovation comme une démarche de filière. C'est le message d'une table ronde le 17 mars en partenariat avec le Crédit Agricole, qui installe à Paris un Village de l'Innovation, mêlant pépinière d'entreprises, laboratoire d'idées et lieu d'exposition.

«L'INNOVATION part du grain jusqu'à l'ingrédient », a souligné la vice-présidente de Roquette Anne Cortier, en citant l'exemple de l'extraction des protéines du pois. « On agit sur la filière protéagineuse en relançant cette culture, qui présente des atouts agronomiques », a ajouté la représentante du leader mondial de l'amidon et de ses dérivés. D'autres exemples de démarche ont été donnés lors d'une table ronde sur « L'innovation comme levier de compétitivité dans les secteurs agricoles et agroalimentaires », organisée au siège de la Fédération nationale du Crédit Agricole, à deux pas de son futur Village. Une centaine de start-up, notamment dans l'agroalimentaire, doivent s'y installer en juillet.

Pierre Guez, DG de la coopérative Dijon Céréales, s'est porté candidat, en guise de boutade. Il a surtout présenté le pain G-Nutrition mis au point par Vitagora, pôle de compétitivité dont il assume la présidence. « Il faut changer la mentalité des agriculteurs, qui n'ont pas le réflexe de mettre un euro de côté pour l'innovation », a-t-il lancé. G-Nutrition est un pain brioché hyper énergétique et hyper protéiné. Développé dans le cadre d'un programme de recherche autour de la filière blé farine pain, le produit est le fruit d'une collaboration entre entreprises, laboratoires privés et publiques.

« La R&D descend dans les filières »

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Chez Fleury Michon, l'innovation change avec les nouvelles attentes du consommateur, devenu très attentif aux ingrédients des produits. « L'important est de dire ce qu'on fait, d'apporter des informations sur les matières premières : origine, conditions d'élevage… », a expliqué le directeur Recherche et Innovation Jean-Sébastien Tamisier. Conséquence, l'industriel veille davantage à la qualité de ses approvisionnements, notamment dans le surimi. « Avant, nos équipes Recherche & Développement consacraient beaucoup de temps à la formulation des produits, a-t-il signalé. Maintenant, elles descendent dans les filières. »

La mise en place d'une démarche de filière peut s'accompagner d'une contractualisation. C'est l'option choisie par Sofiprotéol avec les producteurs de colza, qui vise notamment à réduire l'impact environnemental. « Nous contractualisons, avec une attention portée à la consommation d'azote », a signalé Michel Boucly, DG adjoint du groupe financier et industriel de la filière des huiles et protéines. « Cela passe par des outils de pilotage, la rotation des cultures. Au final, on redécouvre l'agronomie. Les agriculteurs aiment la technique. »