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Technique L’Inra développe la viticulture de précision

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Sur son domaine de Couhins, près de Bordeaux, l’Inra s’efforce de diminuer les apports au strict minimum, afin de faire des économies et de protéger l’environnement. L’institut vient d’en présenter les travaux.

«Nous voulons développer la viticulture de précision », indiquent Benoît Fauconneau, président du centre Inra Bordeaux-Aquitaine, et Dominique Forget, directeur du domaine de Couhins. En effet, à Villenave-d’Ornon, dans la zone des Graves, au sud de Bordeaux, l’Inra est propriétaire du domaine de Couhins depuis 1968. On y trouve aujourd’hui 7 ha de cépages blancs et 15 ha de cépages rouges. Les 90 000 bouteilles de vin produites par an (dont Château Couhins), sont vendues sous l’appellation Pessac-Léognan.

L’objectif de cette action est d’optimiser au maximum les apports d’engrais et de produits. Quant à la viticulture intégrée, elle s’efforce de maîtriser ces apports, voire de les supprimer éventuellement.

Bien connaître son terroir

Mais, au préalable, il faut d’abord bien connaître son terroir. Au domaine de Couhins, on trouve des graves avec des galets, alternant avec un socle argilo-calcaire et une zone sablo-argileuse. Des prélèvements de sols tous les 50 m, en vue d’analyse, permettent de réaliser un premier maillage du vignoble. Grâce à la mesure (rapide) de la résistivité des sols, tous les 3 m, associée à un GPS, on peut établir une carte, que des analyses de sols ponctuelles viendront compléter. Enfin, un « Greenseeker » monté sur un tracteur et associé à un GPS, mesure la densité du feuillage tous les mètres, avec une caméra infra-rouge. Les châteaux Couhins et Cheval Blanc sont les seuls vignobles en Europe à posséder cet appareil.

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Faire des vendanges séparées

« Si la vigueur de la vigne est trop forte, on peut supprimer la fertilisation azotée, voire enherber », signale Dominique Forget. On pourra ainsi dans une parcelle faire des vendanges séparées, en fonction des différentes zones : celles où les raisins mûrissent plus vite et contiennent plus ou moins d’anthocyanes par exemple. Le CIVB (Comité interprofessionnel du vin de Bordeaux) a financé la cartographie du vignoble bordelais.

« Les aspects climatiques et la pente du vignoble jouent aussi un rôle », signale Benoît Fauconneau. L’étape ultérieure sera de traiter chaque cep en fonction de la présence ou non de maladie. Mais pour cela, il faudra repérer les ceps malades, les localiser avec un GPS et un logiciel qui déclenchera ou arrêtera le pulvérisateur, lors du traitement. L’Inra recherche aussi des cépages résistants aux maladies en croisant des Vitis vinifera avec d’autres genres Vitis, et en les recroisant 7 ou 8 fois pour retrouver les qualités du cépage initial.

Sans aller jusque là, en 2007, Château Couhins a effectué 2 traitements anti-oïdium et 6 anti-mildiou cette année, en appliquant les règles de décision, contre 3 anti-oïdium et 8 anti-mildiou sans raisonnement. Cela représente déjà une sérieuse économie.