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Recherche L’Inra et l’Itavi se penchent sur l’avenir de la filière avicole française

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Quatre scénarios de l’évolution de la volaille française d’ici 2025 ont été élaborés par une équipe Inra-Itavi afin d’aider la filière à définir ses futures stratégies d’action. Les conclusions de cette prospective seront présentées le 20 octobre lors d’un colloque à Tours.

Qu’adviendra-t-il de la filière française de la volaille en 2025 ? C’est la question à laquelle une équipe Inra (Institut national de la recherche agricole) et l’Itavi (Institut technique de l’aviculture) a tenté de répondre. Démarrée début 2008, la prospective a conduit à un certain nombre de scénarios d’évolution possible. Les conclusions des travaux seront présentées dans le cadre d’un colloque à Tours le 20 octobre. Actuellement, la consommation française de volaille se porte bien mais la production est en recul de 20% depuis la fin des années 1990. Comment expliquer ce phénomène ? Au premier semestre 2009, les exportations françaises de viandes et de préparations de volailles (en tonne équivalent carcasse) se replient de 1,6 %. Face à cette situation, la filière avicole est également confrontée aux préoccupations environnementales et sanitaires croissantes de la part du grand public. Autant de tendances à prendre en compte pour élaborer une stratégie collective d’action à l’avenir et une orientation de la recherche.

Quatre scénarios
Dans ce contexte, quatre scénarios ont été imaginés. Le premier est celui d’une filière avicole française devant faire face à la libéralisation accrue des échanges, une transformation gérée par des groupes mondiaux et une consommation de produits de qualité. Deuxième schéma : une aviculture française, pilier de la filière avicole européenne. Dans un contexte de conjoncture difficile, la préférence communautaire domine et les consommateurs ciblent leurs achats de volaille sur des produits peu chers. Quant au troisième scénario, il part du postulat selon lequel les décisions de la filière seraient fonction des préoccupations environnementales de la société civile. Enfin, le dernier schéma imagine la filière faisant l’objet d’une régulation alimentaire mondiale dans un contexte de crises sanitaires répétées et de conjoncture économique morose. Si la règle veut que l’on tire des enseignements du passé, cette fois l’équipe Inra-Itavi en a tiré du futur. La filière est de moins en moins compétitive en termes de prix, d’où la perte de positions à l’exportation. Face à ce handicap, il paraît difficilement envisageable de supprimer les protections à l’entrée de l’Union européenne, tarifaires ou non (normes environnementales et sanitaires plus sévères) et de faire l’économie de politiques publiques renouvelées. La filière devrait agir sur la différenciation par la qualité et le respect de l’environnement. Mais aussi et surtout une restructuration complète, tant en ce qui concerne les relations entre l’éleveur et son aval que de l’industrie avicole afin que celle-ci ne tombe pas aux mains des grands groupes internationaux.

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