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Labeliance Agri 2013 L’installation ovine pionnière d’un nouveau type de financement

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Les agriculteurs en mal de fonds propres peuvent faire appel à des capitaux extérieurs. C’est le principe inédit d’une société d’investissement : Labeliance Agri 2013 vise en priorité l’installation, d’abord en production ovine. Mais d’autres filières et tout type de projet sont visés.

«C’est une première : des capitaux extérieurs financeront l’investissement dans la production agricole », a souligné le président de la FNSEA, Xavier Beulin, lors du lancement de Labeliance Agri 2013 le 28 mai. Initiatrice de ce fonds, « la Fédération nationale ovine (FNO) innove une fois de plus », a-t-il applaudi. L’installation des moutonniers constitue un objectif prioritaire. Mais d’autres agriculteurs sont en ligne de mire. « On a déjà des contacts dans le secteur du porc, des bovins, lait et viande », a signalé Gérald Evin, président fondateur de Labeliance Agri 2013. Multi-filières, la société d’investissement est aussi dédiée à tout type de projets, comprenant la modernisation et l’extension, la diversification dans les énergies renouvelables. « Il s’agit d’un nouveau levier de développement pour l’exploitation, qui permet à l’agriculteur de viser un projet plus ambitieux », a ajouté Gérald Evin. Labeliance Agri 2013 espère lever 20 millions d’euros d’ici au 12 juillet prochain. Sa cible : des investisseurs à haut patrimoine. Une « fiscalité assez avantageuse » leur est proposée, puisque le produit d’investissement est éligible au Pacte Dutreil, permettant une réduction des droits de transmission patrimoniale et d’Impôt de solidarité sur la fortune (ISF). D’autres levées de fonds suivront, avec l’objectif d’atteindre en croisière 50 millions d’euros annuels.

Présélection des candidats par une structure paysanne

« Un Groupement d’utilisation de financements agricoles (Gufa), géré par des paysans, va présélectionner les projets d’exploitants », a expliqué le président de la FNO Serge Préveraud. Sa première réunion doit avoir lieu ces jours-ci. L’idée est d’apporter une expertise technique et économique pour conseiller et accompagner les meilleurs candidats. Pour cela, le Gufa fonctionne avec un conseil d’administration nommé par la FNO, Interbev Ovins et Races de France. Il est entouré de partenaires institutionnels, comme les Safer. C’est l’interlocuteur privilégié des porteurs de projets, chargé de coordonner le suivi des exploitations, de gérer un fonds de mutualisation des risques. Le Gufa doit aussi piloter le débouclage du dispositif, au bout de huit à dix ans. Labeliance Agri 2013, qui assure le portage de fonds propres, s’inscrit en effet dans une stratégie de moyen à long terme. Les premiers contrats pourraient être signés en octobre. « Labeliance fait partie de ce que nous appelons les projets d’apports de capitaux “vertueux” », a déclaré Emmanuel Hyest, président de la Fédération nationale des Safer, en marge d’une conférence de presse sur le marché de l’immobilier rural, le 30 mai. « Car il y a un accompagnement, un véritable travail avec les acteurs agricoles ». Pour lui, « il n’y a pas de philanthropie : il faut que l’investisseur y ait un intérêt. Mais, dans cette structure, il y a un partage de la valeur ajoutée », a-t-il précisé. La FNSafer attirait l’attention sur l’arrivée sur le marché immobilier rural d’apporteurs de capitaux extérieurs, dont « certains sont vertueux », mais d’autres plus « spéculatifs », et inquiétants du point de vue des Safer.

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