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Lisaqua élève des gambas en circuit fermé et valorise leurs effluents

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La start-up Lisaqua dit avoir trouvé le bon modèle : économe en ressources d’eau et d’énergie tout en générant un chiffre d’affaires de la vente des gambas et d’invertébrés marins. Un site est en construction en Loire-Atlantique et un deuxième est déjà programmé en Seine-et-Marne.

« Il y a aujourd’hui dans le monde une quarantaine de projets d’élevage de gambas en circuit fermé, mais notre projet est particulièrement vertueux d’un point de vue environnemental en prenant en compte la valorisation des effluents », déclare Gabriel Boneu, président de Lisaqua, cofondateur de Lisaqua en 2018 aux côtés de Charlotte Schoelinck, docteure en biologie marine, et Caroline Madoc, ingénieure. Les effluents servent en effet à nourrir des invertébrés marins, valorisés ensuite sous forme d’alimentation animale. La société bénéficie ainsi de deux sources de chiffre d’affaires, tout en réduisant son impact environnemental grâce à la « permaquaculture », une technologie brevetée de coculture.

L’élevage traditionnel en zones côtières tropicales est accusé de détruire les mangroves, et implique une surgélation de produits, puis leur transport vers les bassins de consommation lointains.

Actuellement, la société prépare la mise en route de sa première ferme aquacole indoor, à Saint-Herblain (Loire-Atlantique), sur 2000 m2, dont 600 m2 de laboratoire, dont la capacité atteindra 10 tonnes de gambas par an. Ce projet est financé en partie par la dernière levée de fonds de la société annoncée le 1er mars, d’un montant de 4,9 millions d’euros : une augmentation de capital de 2,6 millions d’euros auprès de nouveaux investisseurs dont la Coopérative agricole Le Gouessant, Bamboo et des investisseurs privés, les investisseurs historiques dont le fonds Litto Invest participant également à l’opération ; et un financement non dilutif de 2,3 millions d’euros auprès de Bpifrance et des banques Crédit Maritime Grand Ouest et CIC Ouest.

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Elever d'autres produits de la mer

Lisaqua prévoit de poursuivre ses recherches pour mettre au point l’élevage d’autres produits de la mer, et surtout se doter d’ici 10 ans d’un réseau de sites en France et en Europe (d’une capacité de 100 à 500 tonnes annuelles par site), au plus près des lieux de consommation, capables de produire au total 10 000 tonnes de gambas par an. Des sites qui pourront améliorer encore leur performance environnementale. « Pour nos prochains sites de production, nous nous installerons au contact de sources de chaleur fatale que nous pourrons utiliser pour chauffer l’eau des bassins d’élevage », prévoit Gabriel Boneu. C’est le schéma retenu pour le prochain projet situé au contact de l’unité de traitement des ordures ménagères de Monthyon (Seine-et-Marne), exploité par Veolia, dont la chaleur sera récupérée pour maintenir les eaux d’élevage à la bonne température et donc sans avoir recours aux énergies fossiles.

« La start-up Lisaqua, lauréate de Valo’Pulse, a été sélectionnée dans le cadre d’un projet unique qui permettra d’étudier la faisabilité d’implantation de la première ferme d’élevage de gambas valorisant la chaleur d’une UVE en France », indique la société. Les travaux de construction de l’échangeur thermique et de la ferme de gambas devraient débuter en 2024 afin de produire, à partir de 2025, « les premières gambas fraîches, locales, et garanties «triple zéro» (zéro antibiotique, zéro kilomètre parcouru, zéro rejet polluant) en France. » Ce nouveau site aura une capacité de production de 500 tonnes de gambas par an.