Le collectif Nourrir, qui rassemble la Confédération paysanne et des associations, a dénoncé une « mainmise des organisations traditionnelles » sur la concertation en vue du Pacte et de la Loi d’orientation et d’avenir agricoles (LOA).
« Consultation éclair des citoyens, instances verrouillées, acteurs de terrain oubliés… » : la concertation sur la LOA déçoit le collectif Nourrir, rassemblant une cinquantaine d’associations de protection de l’environnement ou de défense des consommateurs et la Confédération paysanne. Dans un communiqué diffusé le 10 mai, il estime que « les modalités d’organisation et les premiers résultats des concertations régionales incarnent le corporatisme persistant au sein du monde agricole ». Le collectif reproche un pilotage confié aux chambres d’agriculture, « très majoritairement administrées par le syndicat dominant, la FNSEA ».
Conséquence, les propositions retenues dans les régions prennent mal en compte la diversité des acteurs, selon le communiqué, citant en particulier Auvergne-Rhône-Alpes et Bourgogne-Franche-Comté. Les règles de vote sont pointées du doigt. Lors d’un groupe de travail en Auvergne-Rhône-Alpes, une seule voix a été comptée pour le Célavar, regroupant plusieurs associations, quand chaque chambre départementale d’agriculture pesait individuellement, explique un représentant d’Ilots paysans. « La concertation n’a pas été bien menée », déclare à Agra Presse Astrid Bouchedor (Terre de liens), reprochant des méthodologies variées selon les régions.
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L’enjeu des Points d’accueil installation
Sur le fond, le collectif Nourrir dénonce « la mainmise des organisations traditionnelles ». « La consigne ministérielle de ne pas aborder les sujets " qui font débat " lors de ces concertations aboutit à des propositions peu clivantes et peu ambitieuses », d’après le communiqué. Et de citer comme exemple de ce type de propositions : la réforme de la gouvernance des Points accueil installation (PAI), dont Chambres d’agriculture France propose de devenir coordinateur unique, en promettant de donner accès à l’ensemble des structures d’accompagnement. « Un décalage existe entre le discours syndical et la réalité sur le terrain, assure d’ailleurs Astrid Bouchedor. L’enjeu est un accompagnement de l’installation qui intègre la diversité des structures. Reste à le concrétiser. »
Un même son de cloche est venu de la Nouvelle-Aquitaine, où FNE, la Conf’, le Modef et InPact ont dénoncé le 3 mai une concertation « discréditée ». Les organisations soulignent leur « incompréhension totale quant aux propositions sur l’eau ». D’après elles, la synthèse régionale reste centrée sur le développement du « stockage artificiel », notamment en zone humide, sans évoquer la question du stockage dans les sols. « Toutes les propositions marquent un désir de s’affranchir de toutes les questions sociales et environnementales », prônant notamment des simplifications administratives et réglementaires sur la méthanisation ou la production d’énergies.