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Politiques agricoles L'OCDE appelle à réduire encore les politiques d'intervention sur les marchés

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L'organisation des pays développés, l'OCDE, appelle, au travers d'un rapport sur le bilan des politiques agricoles, à réduire encore la part des mesures d'intervention sur les marchés. L'organisation donne un satisfecit à l'Union européenne sur la manière dont elle gère les retombées de l'embargo russe sur les produits alimentaires.

IL faut redoubler d'effort en matière de démantèlement des interventions sur le marché, appelle en substance l'OCDE. Non contente de voir le poids des crédits publics se réduire d'année en année dans le revenu des agriculteurs, l'OCDE appelle à faire plus. En 1986, la part des transferts d'État en moyenne dans les pays de l'OCDE représentait de l'ordre de 38% de la recette agricole. Aujourd'hui, en moyenne elle n'en représente que 18%. Ce taux moyen pour les pays membres de l'organisation est presqu'exactement celui de l'Union européenne. Des pourcentages vraiment supérieurs n'existent que dans certains pays, plutôt déficitaires, qui ne pèsent pas très lourd sur les marchés agricoles mondiaux : Norvège, Japon, Suisse, Corée, Islande. Au contraire, les grands pays producteurs et exportateurs ont vu la part des transferts publics dans la recette agricole diminuer fortement ou rester très faible : Mexique, Etats Unis, Australie, Nouvelle-Zélande, etc.

Les prix élevés permettent de réduire les politiques

L'OCDE voit, dans le niveau relativement élevé des prix mondiaux, une « chance » pour réduire l'importance des soutiens publics. « Le niveau élevé des prix et des revenus dans le secteur agricole crée les conditions adéquates pour poursuivre la réforme des politiques agricoles, mais beaucoup reste à faire, au-delà des ajustements à la marge », estime Angel Gurria, secrétaire général de l'OCDE cité dans un communiqué. D'où sa conclusion : « Les formes de soutien qui faussent la production et les échanges pourraient regagner peu à peu du terrain dans certains pays si les prix agricoles venaient à baisser ».

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Renforcer la compétitivité des exploitations

Selon Frank Van Tongeren, responsable des politiques à la division du commerce et de l'agriculture de l'OCDE, cette politique de réduction doit être poursuivie. Mais surtout, affirme-t-il, les politiques agricoles doivent davantage s'appuyer sur des aides structurelles et des investissements permettant de renforcer la compétitivité des exploitations agricoles. « Elle devrait réduire les obstacles à l'ajustement structurel pour attirer des ressources financières et humaines dans le secteur », affirme un communiqué qui résume les enseignements du rapport annuel de l'OCDE. L'accent est mis sur la recherche et l'éducation. L'organisation se situe dans la droite ligne du découplage des aides appliqué principalement par l'Union européenne. Les experts ont d'ailleurs constaté que, si le rôle des politiques publiques est en retrait, la part des aides découplées des volumes produits s'est fortement accrue alors qu'elle était inexistante en 1986. L'OCDE reste également favorable au développement des systèmes de gestion des risques et des assurances en agriculture, ce qui peut impliquer des soutiens au paiement des primes d'assurance.

Satisfecit pour l'Europe

LES experts de l'OCDE ont estimé, en présentant leur rapport annuel, que la réaction de l'Europe à l'embargo russe sur les produits alimentaires avait été satisfaisante. Elle a consisté principalement en des mesures de retrait et de stockage, rappelaient-ils, sans interférer sur les conditions des échanges agricoles. Environ 5% des exportations européennes sont concernés, estime l'OCDE, soit 5 milliards d'euros. Une partie de ces ventes sera réorientée et une partie sera stockée, explique Ken Ash, patron de la division commerce et agriculture de l'organisation. L'Union européenne a eu la bonne réponse et évité de faire des erreurs, affirme-t-il.