Abonné

Santé et alimentation L’offre alimentaire a déjà évolué, selon l’OQALI

- - 5 min

Une des innovations du PNNS 2 avait été la création de l’Oqali, l’Observatoire de la qualité de l’alimentation. La construction est très ambitieuse et après deux années de fonctionnement, l’Observatoire dispose d’ores et déjà d’une photographie de la qualité nutritionnelle des aliments transformés sur 10 secteurs de produits : céréales pour petit déjeuner, biscuits et gâteaux industriels, compotes, confitures, conserves de fruits, chocolat et produits chocolatés, produits de panification croustillante et moelleuse, apéritifs à croquer, préparations pour desserts et produits laitiers ultra-frais. Selon son rapport d’activité qui vient d’être présenté, près de 15 000 produits sont déjà référencés. C’est la première fois, au niveau international, qu’autant d’informations présentes sur l’emballage des aliments (valeurs et repères nutritionnels, allégations,...) font l’objet d’un suivi simultané sur un nombre aussi important de secteurs alimentaires. A terme, près des deux tiers des apports énergétiques et 80% des apports en glucides et sodium de la population française seront couverts par l’Observatoire.

Plusieurs séries d’observations sont faites par l’Oqali. Tout d’abord, les résultats obtenus en 2009 confirment la tendance déjà constatée en 2008. Au sein d’une même famille d’aliments, il n’est pas observé, à ce stade, de lien systématique entre la qualité nutritionnelle des produits et leur segment de marché, qu’il s’agisse de marques nationales, de marques de distributeur ou du hard discount. Cependant, le niveau d’information figurant sur les emballages, notamment le détail des valeurs nutritionnelles, varie selon les gammes de prix.
En général, les allégations nutritionnelles sont privilégiées par les produits de marques nationales alors que les repères nutritionnels et les recommandations de consommation sont majoritairement présents sur des produits MDD. Quant aux produits hard discount, le niveau d’information figurant sur leurs emballages est hétérogène.

Des marges de manœuvre
Autre enseignement, pour l’ensemble des secteurs étudiés, la composition nutritionnelle des aliments au sein d’une même famille présente une variabilité parfois forte, ce qui pourrait représenter un levier d’amélioration de la qualité des produits. Une réflexion sera donc menée, en concertation avec les professionnels, afin de préciser les marges de manoeuvre existantes, compte tenu des différentes contraintes : technologiques, sensorielles, économiques et réglementaires.
Dans un second temps, ce suivi sera étendu aux produits transformés de l’artisanat et de la restauration hors foyer.

Une évaluation des chartes d’engagements nutritionnels
En plus de son rôle de suivi global de l’offre alimentaire, l’Oqali est également un outil au service de l’amélioration de la qualité de cette offre. Le PNNS 2 préconise en effet l’implication des acteurs économiques du secteur alimentaire, notamment par des chartes d’engagements volontaires de progrès nutritionnels signées par des professionnels. La mise en oeuvre de ces chartes permet d’inciter les opérateurs économiques à améliorer la composition nutritionnelle de leurs produits en les autorisant à communiquer sur leurs engagements afin de mieux valoriser leurs efforts au regard des objectifs du PNNS 2.
L’Observatoire a réalisé les premières simulations permettant d’évaluer l’impact potentiel pour le consommateur des 15 chartes d’engagements volontaires de progrès nutritionnels qui avaient été signées avant le 1er février 2010. Il s’agissait d’évaluer, de manière théorique, l’impact cumulé de l’ensemble de ces améliorations pour un consommateur (en supposant que les consommateurs ne changent pas leurs comportements alimentaires).

Agir sur l’offre sans contraindre la demande
Ainsi, sans influer sur les choix de consommation des Français, mais en jouant uniquement sur l’offre des industriels, et en se plaçant à l’échelle d’une année, des modifications intéressantes des apports nutritionnels peuvent être obtenus. Ces 15 premières chartes peuvent avoir un réel impact sur l’alimentation, notamment en réduisant les quantités de sucres et de gras consommés par an.
En tenant compte des habitudes de consommation, des parts de marché des signataires et de divers paramètres, les services de l’Oqali calculent que l’amélioration de leurs recettes affecte 10% de l’offre environ (20% dans les boissons rafraîchissantes sans alcool, 12% dans les biscuits et pâtisseries) et promet la réduction de 0,4% de la quantité de sucre consommée par personne et par jour, soit près de 8 950 tonnes par an en France. La consommation par tête et pas jour de lipides (gras) baisse de 0,2%, soit 4 227 tonnes par an en moins. La consommation de sel diminue de 420 tonnes, soit une baisse de 0,8% tandis que celle de fibres, elle, augmente de 0,2%.
Devant ces résultats probants, les pouvoirs publics jugent opportun d’encourager davantage ce type de démarche et l’émergence de nouveaux engagements dans les secteurs non couverts (comme les glaces, le chocolat, les desserts glacés) et de demander aux industriels des efforts particuliers sur les acides gras saturés.
Au-delà, l’Oqali est un véritable outil d’appui méthodologique. Non seulement il permet aux pouvoirs publics et aux professionnels de mieux apprécier l’impact des chartes d’engagements de progrès nutritionnels, mais il peut ainsi contribuer à l’évaluation au préalable de nouvelles chartes.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

céréales
Suivi
Suivre
emballage
Suivi
Suivre