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Antibiorésistance Loi d’avenir : les vétérinaires obtiennent gain de cause

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Les ministres de la Santé et de l’Agriculture ont cédé à la demande des vétérinaires, en supprimant un article de l’avant-projet de la loi d’avenir agricole leur interdisant de délivrer les antibiotiques qu’ils prescrivent. Les vétérinaires se sont malgré retrouvés plusieurs milliers à manifester à Paris, mercredi 6 novembre, pour « maintenir la pression ».

Les vétérinaires pourront continuer à délivrer des antibiotiques critiques. L’avant-projet de loi d’avenir agricole voulait leur interdire cette pratique, dans une optique de diminution de la consommation d’antibiotiques. Mais, à l’issue d’un entretien avec les représentants du Conseil supérieur de l’ordre des vétérinaires et les organisations syndicales, lundi 4 novembre, Marisol Touraine, ministre de la Santé, et Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, ont décidé de supprimer cet article. Le « découplage » entre la prescription et la délivrance initialement prévu serait remplacé « par plusieurs dispositions », dont une « inscription dans la loi d’un objectif chiffré de réduction de la consommation d’antibiotiques critiques », la « mise en place de vétérinaires référents » et « l’encadrement renforcé des prescriptions par des recommandations de bonne pratique, élaborées sous l’égide de l’ANSES », expliquent les ministres dans un communiqué.
Stéphane Le Foll a évoqué un « vrai sujet de santé publique » qui « a donné lieu à un débat entre le ministère de la Santé et celui de l’Agriculture », lors de l’émission Preuves par 3 sur Public Sénat/AFP, mardi 4 novembre.
 
Procès d’intention
Cette nouvelle « reculade » du gouvernement, quelques jours après l’écotaxe, est une victoire pour les associations de vétérinaires. « On nous a fait un procès d’intention, en partant de l’idée que lorsque l’on prescrit ce que l’on vend, on a tendance à trop prescrire », s’indigne Michel Baussier, président du Conseil supérieur de l’ordre des vétérinaires. Il rappelle que « le plan Écoantibio a d’ores et déjà permis de réduire le recours aux antibiotiques de 40% en 5 ans en médecine vétérinaire », et que les vétérinaires sont favorables à « toutes les autres dispositions contraignantes de la loi et à l’aggravation des sanctions » en cas de fraude.
 
Maintenir la pression
Les vétérinaires ont pourtant maintenu la « journée sans vétérinaires » et la manifestation qu’ils avaient prévu, mercredi 6 novembre à Paris. Ainsi, plusieurs milliers de praticiens « en colère » ont défilé entre Montparnasse et le ministère de la Santé pour « maintenir la pression », justifie Michel Baussier. « Les vétérinaires ont été rassurés par les décisions prises par le gouvernement mais maintiennent leur mobilisation car toute garantie n’est pas offerte dans la mesure où il s’agit d’un projet de loi qui peut être amendé par les députés et les sénateurs », a t-il expliqué.
La FNSEA soutient les vétérinaires depuis le début de leur mobilisation.
Mardi 5 novembre, la Fédération nationale ovine (FNO) déclarait ne pas accepter que « les vétérinaires voient leurs fonctions amoindries et le service rendu aux éleveurs diminué », car « cette possibilité donnée aux vétérinaires d’assurer les deux fonctions de prescription et délivrance favorise le maintien d’un tissu de vétérinaires praticiens au service des éleveurs sur tous les territoires ». La loi d’avenir agricole doit être présentée devant le conseil des ministres le 13 novembre.

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