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Loi d’orientation : les groupes de travail sur de bons rails

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Transition et adaptation, orientation et formation : deux groupes de travail ont démarré dans le cadre de la concertation sur la Loi d’orientation et d’avenir agricoles. Le calendrier est précisé. Un premier tour de table duquel ressortent des échos positifs.

Une nouvelle phase de la concertation nationale est ouverte, en vue des Pacte et Loi d’orientation et d’avenir (LOA) agricoles. Des groupes de travail sont lancés. Au programme le 20 janvier, la « Transition agro-écologique et adaptation face au climat » a permis un premier tour de table encourageant, selon la profession et les ONG. « Ce n’est que la première réunion, mais j’ai senti de l’écoute et une volonté de participer », se réjouit Luc Servant, vice-président de Chambres d’agriculture France (ex-APCA), en charge du groupe aux côtés de l’Acta. Entre les conséquences du changement climatique dans les fermes et les objectifs politiques sur les gaz à effet de serre : « L’incrémental ne suffira pas, la rupture est nécessaire », auraient souligné les chercheurs Thierry Caquet et Sébastien Treyer (Iddri) dans leur présentation. Un appel que tempère Quentin Le Guillous, secrétaire général adjoint des Jeunes Agriculteurs, tout comme Luc Servant : « Il faudra que chacun fasse des concessions, pour répondre à l’urgence climatique tout en accompagnant les agriculteurs et en préservant la souveraineté. » Le céréalier d’Eure-et-Loir a notamment rappelé, lors de cette réunion, deux propositions des JA : mener un diagnostic climatique lors de l’installation, et renforcer des fonds de recherche et développement.

Plusieurs niveaux de consultation

Le ministère de l’Agriculture a pu détailler le calendrier de travail, mais aussi rappeler le 20 janvier les bases scientifiques du changement climatique à près d’une centaine de participants à distance. La consultation, a-t-il rappelé, sera organisée à trois niveaux : sur le plan national, régional et à travers une consultation grand public en ligne entre la mi-février et la mi-mars. Pour la partie nationale, des premières contributions sur les verrous aux transitions sont attendues par le ministère d’ici au 3 février en vue d’une prochaine réunion le 17. Les acteurs seront d’ici là répartis en plusieurs sous-groupes, dont au moins un consacré aux grandes cultures, et un autre à l’élevage. Les contributions régionales seront présentées fin avril à tous les participants, en vue d’un atelier autour de l’ensemble des propositions le 17 mai.

Au Réseau action climat, Cyrielle Denhartigh se félicite en particulier de la création du sous-groupe élevage. « Il est essentiel que la LOA accentue la résilience de ces fermes, notamment en mettant l’accent sur les prairies », invite-t-elle. Mathieu Courgeaud, le co-président du collectif d’ONG Nourrir (ex-Pour une autre Pac), confie de son côté s’inquiéter « du pilotage des concertations régionales par les chambres, qui sont à la fois juges et parties sur l’installation ».

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Trois groupes de travail

« Orientation et formation » étaient au programme le 25 janvier, avec un autre groupe de travail. Alexis Roptin, membre du bureau des Jeunes Agriculteurs, a noté « une ambition commune » chez la centaine de participants issus du monde agricole, vétérinaire, de l’enseignement, des ONG. Il s’agit de « former pour répondre aux défis », notamment climatiques, d’après lui. L’éleveur laitier de la Sarthe a défendu, lors son intervention, un axe prioritaire des JA : innover dans les parcours de formation, en modernisant leur contenu et leur présentation vers plus d’ouverture, de durabilité et par les nouvelles technologies. « Par l’ouverture d’esprit, le recours au diagnostic, la formation doit permettre à chacun d’adapter son système d’exploitation », considère Alexis Roptin. Un préalable est l’orientation. Sur ce volet, le vice-président de la FNSEA Jérôme Volle a exposé les bases pour séduire les candidats exploitants et salariés : « Montrons que nos métiers sont attractifs, modernes, variés de l’amont jusqu’à l’aval de l’agriculture. »

Le calendrier de travail, présenté le 25 janvier par le ministère de l’Agriculture, comprend deux séquences. Une, consacrée à l’orientation, aura pour thème le 8 février « Comment donner envie d’aller vers les métiers et formations agricoles ». Puis, le 30 mars, une autre séquence abordera « Quelle formation aujourd’hui et demain pour l’agriculture et l’alimentation ». Un point final sera donné le 24 mai au groupe de travail, en s’appuyant sur les retours issus de la concertation régionale. Autre moment phare, le top départ du groupe de travail « Installation et transmission » a eu lieu le 26 janvier. Quant à la rédaction du Pacte et de la Loi d’orientation, elle est prévue courant juin.

« L’incrémental ne suffira pas, la rupture est nécessaire »