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Foie gras/Label qualité L’oie du Périgord lance sa marque collective mais vise l’IGP

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« La filière de l’oie du Périgord entend reconquérir des parts de marché face à la concurrence, notamment étrangère », et jouer collectif pour y parvenir » a expliqué devant la presse, Pascal Godard, président de la commission oie au sein de l’Association foie gras du Périgord. « Si on ne vend pas davantage, toute la filière va disparaître ». L’association a donc lancé, ce mois de septembre, sa marque collective « Oie du Périgord », mais l’objectif est plus ambitieux et vise une reconnaissance européenne avec l’obtention définitive de l’appellation IGP (Indication géographique protégée).

Contrairement au foie gras de canard, la production de foie gras d’oie est en baisse continue en France, passant de 601 tonnes en 2001 à 400 tonnes, dix ans plus tard. Le principal concurrent est la Hongrie qui, avec une production de 1 600 tonnes, en exporte 724 vers la France, soit 74% de nos importations. La qualité n’est cependant pas comparable, souligne Pascal Godard, le foie doit supporter quatre jours de transport sur glace, alors que les foies du Périgord sont transformés sous 48 heures après abattage. Le lancement de la marque collective, officiellement née en février dernier, mais réellement lancée ce mois, par les quatorze entreprises productrices (1) vise à faire reconnaître les qualités et le savoir-faire de toute une filière. Mettre en valeur également son origine, la région Périgord, qui offre des parcours en herbe pour nourrir les oies avant gavage, une durée d’élevage long (à la différence de la Hongrie) pour des oisons nés dans le Périgord, des exploitations agricoles familiales, un savoir-faire de découpe et transformation. Ces quatorze entreprises, dont le système de traçabilité est prouvé, aspirent à en attirer d’autres autour de cette marque collective et son logo pour affirmer son originalité et sa différence avec ses concurrents nationaux mais surtout étrangers. Le lancement de cette marque s’inscrit dans le droit fil de la démarche initiée il y a dix ans pour obtenir la validation de l’IGP Oie du Sud Ouest-Périgord, par le comité national de l’INAO (Institut national des appellations d’origine) avant que de l’obtenir de la Commission européenne. « Le dernier examen par l’INAO remonte à janvier 2011, des ajustements demeurent à faire sur le cahier des charges », explique Alexandre Léon, animateur de l’association. Dans cette attente, le lancement du logo « Oie du Périgord » permettra aux 14 entreprises de communiquer de la même manière ». Des partenariats ont été établis avec de grands chefs.
 
Le prix est le principal frein
Cette démarche collective a pour but de reconquérir des parts de marché. Le Périgord, avec 104 tonnes par an, représente le quart de production nationale de foie gras d’oie. Les 130 000 oies élevées dans la région sont également valorisées sous forme de confits, rillettes, et autres. La consommation est cependant bien inférieure à celle du canard, tant pour le foie gras que les autres produits. « Le principal frein en est le prix, déplore Xavier Gombert, trésorier de l’Association. Avec la Hongrie, la différence de prix va du simple au double, les charges de structure des exploitations sont moindres, la durée d’élevage est inférieure, le coût de la main d’œuvre est faible, il y a une surexploitation du duvet». Le phénomène est identique avec le canard. Il est donc important de convaincre le consommateur des qualités du produit pour justifier de son coût plus élevé. L’enjeu est de pouvoir convaincre des jeunes de s’installer et de poursuivre cet élevage. « Sans production, la filière est morte et la marque avec », met en garde Pascal Godard. L’objectif est d’installer un éleveur et un gaveur chaque année, pour remplacer les départs, car l’âge moyen des coopérateurs est de 55 ans. « Ce n’est pas seulement un défi économique, mais culturel que souhaite relever la marque collective ».
 
(1) Maison Arvouet, Conserverie du Manoire, Foie gras Crouzel, Michel et Yvette de Carsac, Edmond de la Closerie, Délices de Turnac, Maison Godard, Foie gras Hélène Mudry, Maison Lembert, Sarlat Périgord Foie gras, Foie gras Sourbé, Foie gras Teyssier, Maison Valette et Foie gras Vidal) 

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