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L’ONU veut davantage d’ambition climatique sur l’agriculture

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Dans un rapport publié le 26 octobre à la veille de la COP26, les Nations-Unies estiment que l’écart est encore important entre les engagements publiés par les États dans leurs contributions volontaires et les réductions nécessaires pour limiter la hausse de température. Et pour l’organisation internationale, le méthane agricole devrait faire l’objet de plus d’attention.

« Pour limiter le réchauffement mondial à 1,5°C, le monde doit retirer 28 Gt de CO2-équivalent d’ici 2030 en plus des engagements déjà promis », résume Inger Andersen, directrice du programme des Nations Unies pour l’environnement (Unep), en préambule du rapport publié le 26 octobre. Plus simplement, résume l’organisation internationale, les nouvelles contributions volontaires soumises sans conditions de financement international réduisent de 7,5 % les émissions projetées à 2030. Or, c’est une réduction de 55 % qui serait nécessaire pour un réchauffement inférieur à 1,5 °C.

Dans le détail, l’Unep salue la réduction de 2,1 Gt permise par les nouveaux engagements de l’Argentine, du Canada, des États-Unis, du Royaume-Uni ou encore de l’Union européenne. Mais « le G20 en tant que groupe n’a pas encore les politiques en place pour atteindre ses contributions, et encore moins la neutralité carbone », regrette l’agence onusienne. Et de signaler au passage que « deux membres du G20, le Brésil et le Mexique, ont soumis des cibles qui augmentent leurs émissions de 0,3 Gt de CO2-équivalent ».

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Vers des cibles sur le méthane

Dans un chapitre dédié au méthane, l’Unep estime que « l’agriculture devrait recevoir plus d’attention concernant les stratégies de réduction d’émissions », et que « ces stratégies devraient comprendre des changements en matière de consommation ». Comme le rappelle ce rapport, les contributions nationales volontaires (NDC) soumises par les pays signataires de l’accord de Paris « ne représentent que le quart des réductions [de méthane] nécessaires pour maintenir l’augmentation de température sous 1,5°C » d’ici 2100.

De plus, regrettent les auteurs, « les pays publient rarement des cibles quantitatives pour réduire leurs émissions de méthane agricole ». L’Unep estime pourtant que « des changements dans les choix alimentaires », comprenant « la réduction de consommation de produits animaux », permettraient de réduire les émissions de méthane près de 30 Mt par an, soit environ 1 Gt de CO2-équivalent d’ici 2050. Au total, l’agriculture présenterait un potentiel de réduction d’émission de 25 % selon l’ONU, avec des coûts allant de 13 à 30 $/t de CO2-équivalent en bovin. Plus généralement, à l’occasion de la Cop26, « définir des cibles quantitatives sur les cultures ou la gestion du bétail […] pourrait aider les pays à rehausser leurs ambitions » sur le méthane, insistent les auteurs. Et de rappeler qu’une réduction rapide du méthane « pourrait contribuer énormément à réduire les températures dès 2050 ».

Au total, l’agriculture présenterait un potentiel de réduction d’émission de 25 %