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Biomasse-énergie L’Oréal remplace le gaz naturel par le biométhane

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L’Oréal, le numéro un mondial de la cosmétique, a inauguré le 27 octobre en présence du Premier ministre de Belgique la reconversion de son usine de Libramont au biométhane, en remplacement du gaz naturel. Les matières premières viennent de l’agriculture locale d’une région de polyculture-élevage, soit directement, via des cultures énergétiques, soit indirectement, via des résidus des industries agroalimentaires.

Le numéro un mondial de la cosmétique vient d’investir dans le remplacement du gaz naturel par du méthane issu de maïs plante entière broyée et de déchets agroalimentaires. Ce sont deux millions et demi de mètres cubes de gaz fossile qui seront ainsi substitués, a annoncé l’Oréal le 27 octobre à Libramont (Wallonie), en présence du Premier ministre de Belgique, Herman Van Rompuy.

L’électricité excédentaire est vendue aux habitants
Dans cette usine de l’Oréal, les cosmétiques, en l’occurrence des produits capillaires (shampoings, gels, teintures), sont désormais fabriqués avec de la chaleur et de l’électricité issues de la combustion du méthane. L’électricité excédentaire est vendue au réseau public, pour une consommation équivalant à 4 000 foyers, comme au Brésil où les sucreries vendent leur électricité excédentaire (produite par combustion de la bagasse de canne) aux habitants de la localité.
La production de biogaz est réalisée par Eneco Belgique, exploitant d’énergie renouvelable, puis achetée par l’Oréal.
Ce méthane provient de 54 000 tonnes de matières premières, dont 75% sont des résidus des industries alimentaires et 25% de cultures énergétiques conduites par les agriculteurs alentour. Les résidus agroalimentaires sont des liquides issus des lavages des laiteries et boulangeries, des vinasses (effluents liquides des sucreries), des épluchures de pommes de terre et autres légumes, auxquels peut être ajouté de la glycérine, co-produit des usines de biodiesel, qui a un fort « potentiel méthanogène ». Les cultures énergétiques sont du maïs plante entière, sur 250 hectares sous contrat.

Recherche : des maïs de 4 à 7 mètres de haut
Aux questions posées sur le risque que les cultures énergétiques dédiées prenne la place de surfaces qui pourraient être utiles aux cultures alimentaires, les dirigeants du site de Libramont répondent que dans cette région de polyculture-élevage, le risque est plutôt que les exploitations agricoles disparaissent, faute d’activité suffisante. Les débouchés offerts auraient donc pour effet de conforter l’agriculture locale, ont-ils expliqué.
Pour les cultures énergétiques, le système sera amélioré, a indiqué Francis Habran, responsable de l’environnement pour le site industriel de Libramont. L’Oréal est partenaire du Centre de recherche agronomique de Gembloux, qui tente de mettre au point avec la France et l’Allemagne des maïs de 4 à 7 mètres de haut pour en augmenter le rendement de biomasse. Dans les années à venir, le sorgho ainsi que des graminées pourraient faire leur apparition. « De l’herbe coupée trois fois dans l’année pourrait avoir le même rendement en biomasse qu’une récolte de maïs, mais avec moins d’engrais et de produits de traitement », a précisé Francis Habran.

Objectif : une énergie inépuisable et moins onéreuse
L’objectif de tout le groupe est, selon Miguel Castellanos, directeur de l’environnement de l’Oréal, de réduire de 50% ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2015, et de 50% également le volume de déchets produits. Il s’agit aussi de disposer de sources d’énergie « inépuisables ». Une première concrétisation : grâce à la biomasse-énergie, le site de Libramont réalisera une économie de 8 à 10% annuels sur sa facture énergétique globale.

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