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Loup : l’arrêté sur les tirs pour les bovins attendu « avant l’été »

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La FNSEA espère la publication en juin de l’arrêté permettant d’octroyer aux élevages bovins des tirs de défense simple contre le loup. En 2024, les attaques de loups ont augmenté de 4 %, et les bovins représentent désormais plus de 10 % du total.

L’arrêté permettant d’accorder aux éleveurs bovins des dérogations de tirs contre le loup devrait être disponible « d’ici l’été », a indiqué la préfecture de la région Auvergne-Rhône-Alpes (coordinatrice du Plan national loup) le 16 mai. Le sujet a été abordé en Groupe national loup (GNL) le même jour, d’après un communiqué. « L’arrêté est prêt, mais pas encore signé », indique Claude Font, le secrétaire général de la FNO (éleveurs d’ovins, FNSEA), qui a participé à la réunion. Selon lui, deux étapes doivent encore être franchies : un avis du CNPN (Conseil national de la protection de la nature) et une consultation publique. Selon lui, le texte doit permettre d’octroyer des tirs de défense simple aux éleveurs bovins « dans les mêmes conditions » que leurs collègues ovins, comme le demandent notamment les syndicats majoritaires sur le plateau de Millevaches. En hausse ces dernières années, les attaques sur bovins « représentent désormais plus de 10 % » du total, selon les pouvoirs publics.

En vertu d’un arrêté interministériel du 7 février 2025, les élevages bovins prédatés peuvent bénéficier de dérogations de tirs sans avoir mis en place de moyens de protection classiques (chiens de protection, clôtures), alors que les élevages ovins sont soumis à cette obligation. En contrepartie, les élevages bovins doivent justifier de « démarches engagées en matière de réduction de vulnérabilité » face au loup. « Le ministère voulait trois mesures [de réduction de vulnérabilité] et nous en demandons une seule », explique M. Font, évoquant aussi un dissensus sur le périmètre (au lot d’animaux ou au troupeau). « Nous avons proposé une liste de mesures suffisamment longue pour s’adapter à tous les systèmes de production. »

Plus de 11 000 victimes en 2024

Autre texte dans les tuyaux : un arrêté revalorisant l’indemnisation des pertes indirectes (hors mortalité), attendu de longue date et prévu « en juin », selon Claude Font. « Le travail n’est pas tout à fait abouti sur le volet génétique », jusque-là inexistant. « Il y aura bien une revalorisation, mais il y a clairement un manque de budget », déplore l’élu de la FNO.

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Par ailleurs, la réunion du GNL a été l’occasion de présenter le bilan 2024 des dommages dus à la prédation lupine : l’année dernière, les attaques de loups ont connu une « hausse sensible » dans les territoires où l’espèce est récemment arrivée, selon le communiqué de la préfecture d’Auvergne-Rhône-Alpes. Sur un an, les attaques y ont augmenté de 40 % et le nombre de victimes de 70 %. Au contraire, dans les Alpes, zone historique de prédation, ces deux indicateurs reculent : -4,9 % pour les attaques et -13 % pour les victimes. « Des résultats encourageants », salue la préfecture, qui viennent « confirmer la tendance générale observée sur ce massif depuis quatre ans ».

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Bien que « contrasté selon les territoires », le bilan au niveau national fait apparaître une hausse des attaques (+4,2 %) comme des victimes (+5,7 %), alors que la population de loups se stabilise autour des 1 000 individus. En 2024, la France a subi 4 176 attaques (constats indemnisables et en cours d’instruction) pour 11 224 victimes, selon le bilan chiffré de la préfecture. Conséquence de la forte extension territoriale de Canis lupus : 78 départements sont désormais éligibles aux aides à la protection (chiens de protection, clôtures électrifiées), contre « 69 l’an passé ». Globalement, les demandes d’aide à la protection sont en « hausse de 10 % ».

« On est en avance » sur le rythme de prélèvement

Concernant le début 2025, Claude Font se dit « inquiet » du nombre important de prélèvements de loups déjà réalisés, signe selon lui d’une « pression de prédation qui augmente au niveau national ». D’après l’éleveur, 53 loups ont déjà été abattus (dont une dizaine de manière illégale), sur un total de 192 pour l’année. « On est largement en avance », note-t-il, craignant des « restrictions » si ce rythme se maintient. Le plafond de destructions est fixé en fonction de l’estimation de la population de loups : 17 % plus 2 % à la discrétion du préfet coordonnateur. Pourraient s’y ajouter encore 2 % supplémentaires si le plafond est atteint en cours de campagne. « Cette possibilité n’a jamais été utilisée, mais on essaiera de la faire valoir » si nécessaire, souligne M. Font. « Je ne peux pas imaginer qu’on laisse les éleveurs sans solution en août et septembre. »

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