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Lourdes conséquences à venir sur les prix des produits alimentaires

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La hausse des cours des matières premières agricoles et de l’énergie risque de déboucher sur une inflation élevée et un risque de stagflation en Europe, tandis que l’économie russe est exposée à un risque de récession en 2022.

La forte hausse des cours des matières premières agricoles déjà constatée depuis plusieurs mois, conséquence de la crise sanitaire du Covid, est aujourd’hui accentuée par la guerre en Ukraine. « En 2019, la Russie et l’Ukraine représentaient respectivement 25 %, 21 % et 17 % des exportations mondiales de blé, d’orge et de maïs », rappelle la Coface dans son étude titrée Les conséquences économiques du conflit russo-ukrainien : stagflation à venir, publiée le 9 mars. Or, les exportations de ces deux pays sont très perturbées actuellement, à cause du conflit et des difficultés à transporter les denrées, mais aussi des mesures prises par les deux pays pour limiter leurs exportations.

« Des prix des céréales plus élevés se traduiraient par les prix à la consommation de produits tels que les pâtes ou la farine, ainsi que l’huile comestible telle que l’huile de tournesol ou de carthame, mais également d’autres huiles comestibles comme l’huile d’olive », note la Coface. Les conséquences se produiront aussi sur le prix de la viande à cause de la hausse des cours de l’alimentation animale à base de céréales.

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Des conséquences pour l’ensemble de l’économie

Par ailleurs, la hausse des coûts de l’énergie aura des conséquences indirectes sur des produits tels que les engrais. « La flambée des prix (du gaz naturel, ndlr) entraînera une baisse de la production d’engrais et/ou des prix plus élevés, diminuant ainsi le rendement agricole », souligne la Coface.

Plus généralement, la hausse des cours de l’énergie va avoir des conséquences en chaîne sur l’ensemble de l’économie des pays européens. En Europe, « Coface anticipe au moins 1,5 point de pourcentage d’inflation supplémentaire en 2022. Cela éroderait la consommation des ménages et, combiné avec la baisse attendue des investissements des entreprises et des exportations, cela réduirait la croissance du PIB d’environ un demi-point », indique la Coface. Quant à l’économie russe, elle sera « en grande difficulté en 2022 et connaîtra une profonde récession. Coface prévoit désormais que le PIB diminue de -7,5 % en 2022 après la reprise économique de 2021. »

L’économie russe sera en grande difficulté en 2022 et connaitra une profonde récession