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L’ours, au cœur des débats après la mort de 132 brebis dans les Pyrénées

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« Dans le bénéfice du doute », la Commission d’indemnisation de dégâts d’ours du parc des Pyrénées a décidé d’indemniser quatre éleveurs ayant constaté la mort de 132 brebis dans les estives début juillet. Un des éleveurs a ainsi perdu 40 % de son troupeau du jour au lendemain. Le 26 juillet, la Commission a affirmé dans un communiqué que le montant de l’indemnisation est de 31 500 euros. Christophe Cognet, technicien au Parc naturel des Pyrénées, précise : « L’éleveur peut toucher, par exemple, 180 euros par brebis. Puis 50 € par agneau "perdu" et 160 € de prime de dérangement ». En outre, il existe une prime de 10 % pour les animaux en démarche qualité, AOP notamment.

Jean-Louis Cazaubon, président de la Chambre d’agriculture des Hautes-Pyrénées, ne décolère pas : « Les brebis de cet éleveur sont d’une race à petits effectifs, la Bareges-Gavarnie. L’éleveur pourra peut-être retrouver une vingtaine de bêtes. Mais pour renouveler le troupeau entier… ». Pour J.-L. Cazaubon, les indemnités, en général, ne recouvrent pas totalement l’ampleur des dégâts enregistrés par les éleveurs. Néanmoins, Christophe Cognet a rappelé que la Commission d’indemnisation est en train d’étudier le cas pour le faire passer dans la catégorie « gros dégâts ». Cela permettrait d’augmenter les versements. La Commission donnera sa décision à l’automne.

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Au-delà des indemnisations, France Nature environnement déplore le déroulement de cette affaire : « La décision de la Commission paraît judicieuse à courte vue, mais à long terme, elle ne permettra pas une meilleure acceptation de l’ours ». Ce n’est pas la première fois qu’en cas de doute sur l’origine de la mort des bêtes, l’ours des Pyrénées est supposé responsable afin de pouvoir indemniser l’éleveur. Néanmoins, le Parc des Pyrénées rappelle qu’il n’y a pas de règles sur le montant des indemnisations d’une année sur l’autre. En 2014, 19 500 euros ont été versés contre 13 000 euros en 2015 et déjà plus de 31 000 euros en 2016. Une des solutions serait d’augmenter le nombre de bergers pour garder un œil vigilant sur les animaux. « Il faut gardienner. Mais cela coûte cher », déplore J.-L. Cazaubon.