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Négociations commerciales L’UE à la recherche d’accords bilatéraux en attendant Doha

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Les négociateurs européens espèrent boucler dans les prochains mois des accords de libre échange avec Israël, l’Egypte, la Corée du Sud et éventuellement le Pérou. Les pourparlers se poursuivent aussi avec de nombreux autres pays tels que l’Ukraine, le Canada, l’Inde, la Tunisie ou encore la Libye.

Dès le mois d’octobre, la présidence suédoise de l’UE espère être en mesure de mettre un point final aux délicates négociations entamées en mai 2007 à Séoul en vue d’une libéralisation des échanges commerciaux avec la Corée du Sud. Un accord dont le secteur agricole pourrait tirer profit, notamment dans le domaine de la viande. Faute de démantèlement rapide des protections douanières, l’UE redoute de perdre des parts de marché au profit du Chili et des Etats-Unis qui ont signé des accords de libre-échange respectivement en 2004 et 2007, Washington n’ayant toutefois pas encore ratifié le texte.
A ce stade des négociations, l’accord UE-Corée du sud entraînerait l’élimination de 1,2 milliard d’euros de droits de douane à l’importation dans ce pays dans le secteur industriel.
Par ailleurs, les discussions en vue de la création, en 2010, d’une vaste zone de libre échange entre l’UE et les pays méditerranéens progressent, notamment avec Israël et l’Egypte. Dès l’automne, de nouveaux textes devraient être ratifiés avec ces deux pays, des accords ayant été trouvés ces derniers mois en vue d’une libéralisation accrue des échanges dans le secteur agricole. Les pourparlers se poursuivent aussi avec le Maroc et la Tunisie. Ils ne débuteront probablement qu’en 2010 avec l’Algérie. Avec la Libye, des entrevues régulières ont lieu, les négociateurs libyens se disant résolus à parvenir à un « accord ambitieux ».
Ukraine : inquiétude des céréaliers européens
En ce qui concerne l’Amérique du nord, le Canada et l’UE ont donné le coup d’envoi, en juin dernier, à des négociations en vue de la signature d’un vaste accord économique et commercial. L’objectif est de parvenir à un pacte global d’ici deux ans qui permette de faire franchir aux échanges commerciaux entre les deux blocs la barre des 90 milliards de dollars par an. Les discussions sont toutefois perturbées par la décision de l’Union d’interdire tout commerce de produits dérivés du phoque en Europe. Dans ces pourparlers Ottawa fait montre d’intérêts offensifs dans le secteur agricole.
Côté ukrainien, les discussions qui progressent relativement bien reprendront en octobre et en novembre. Elles provoquent l’inquiétude des céréaliers européens, mais l’intérêt du secteur de la viande porcine qui exporte déjà 150 000 tonnes vers ce marché. Les producteurs de pommes sont, eux aussi, soucieux d’être préservés tout au moins partiellement de la concurrence de l’Ukraine.
Enfin, les discussions progressaient rapidement en vue d’un accord avec les pays andins jusqu’au retrait de la Bolivie, puis, en juillet, de l’Equateur, en raison du différend sur la banane. Les discussions se poursuivent désormais uniquement avec la Colombie et le Pérou. Lima demande un démantèlement des restitutions à l’exportation dans le secteur porcin et pourrait obtenir l’ouverture de contingents tarifaires à droit zéro de plus d’un millier de tonnes de viande bovine et de plus de 5 000 tonnes de viande de volaille. Ces contingents seraient ensuite susceptibles d’être augmentés
Avec l’Inde, les négociations ont bien progressé, l’espoir de parvenir à un accord avant la fin de l’année étant encore jugé quelque peu ambitieux par la partie européenne étant donné les exigences indiennes. Le sommet UE/Inde programmé à Dehli, en novembre pourrait être l’occasion d’accélérer ces pourparlers.

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