Abonné

Contrôles L’UE met fin aux contrôles sur le riz américain transgénique

- - 4 min

La Commission européenne a décidé de lever les mesures d’urgence imposées au riz américain depuis 2006 pour détecter la présence éventuelle de traces d’OGM. Aucune nouvelle mesure n’a, en revanche, été prise pour faciliter les importations communautaires de maïs transgéniques. De quoi satisfaire Greenpeace qui s’en prend avec virulence au président de la Commission européenne, José Manuel Barrosso, pour avoir donné son feu vert en mars dernier à la culture d’une pomme de terre génétiquement modifiée.

Une large majorité des Etats membres, réunis le 19 avril au sein de du comité permanent européen de la chaîne alimentaire, s’est prononcée en faveur de la levée des contrôles imposées sur les cargaisons de riz originaires des Etats-Unis. Ces contrôles avaient été rendus obligatoires suite à la découverte de traces de riz génétiquement modifié LL 601, dont la commercialisation est interdite dans l’UE. Depuis lors, les importateurs de riz américain devaient effectuer des tests prouvant l’absence de traces de LL 601 pour pouvoir obtenir les certificats d’importation. Les tests effectués depuis 2006 ont montré que pratiquement toutes les cargaisons sont indemnes de traces de ce riz OGM.
Par ailleurs, la Commission n’a pas recueilli la majorité requise pour autoriser la commercialisation dans l’UE de nouveaux maïs hybride (MON8903xNK606 et Bt11xGA21) ainsi que le renouvellement de la commercialisation du maïs Bt11. En l’absence d’avis du comité de la chaîne alimentaire, conformément à la procédure, il appartiendra au Conseil des ministres de l’UE d’arrêter sa position. En cas de nouvel échec, il appartiendra à la Commission de donner son feu vert à la commercialisation de ces trois maïs OGM.

M. Barrosso « apprenti marmiton » OGM, selon Greenpeace
Par ailleurs, l’organisation écologiste Greenpeace a lancé le 20 avril une offensive contre « l’indigeste menu OGM » concocté par « l’apprenti marmiton » José Manuel Barroso. Le président de la Commission européenne a récemment suscité la controverse en autorisant, dès le début de son nouveau mandat, Amflora, une pomme de terre génétiquement modifiée du groupe allemand BASF. Il s’agit de la première autorisation de mise en culture d’un OGM depuis douze ans. « Personnellement, je suis agnostique, je n’ai pas de position sur le sujet et je m’en remets à la science », s’était défendu à l’époque M. Barrosso. Celui-ci est décrit par Greenpeace, sur des affiches placardées au sein du quartier européen et proches de son domicile, comme un « chef » cuisinant des « recettes génétiquement modifiées aux effets désastreux ». L’organisation écologiste entend dénoncer « l’appétit de l’Union, de son commissaire à la santé John Dalli et de M. Barroso pour les organismes génétiquement modifiés ». « C’est une campagne trompeuse », a indiqué, pour sa part, le porte-parole de M. Dalli, qui a rappelé que cette pomme de terre « n’est pas destinée à la consommation humaine, seulement à l’industrie ». Greenpeace distribuera, à partir du 27 avril, un livre de cuisine OGM annoncé sur les affiches de sa campagne « la malbouffe remplace la bonne nourriture » afin de « monter d’un cran l’opposition à ces mauvais ingrédients peu respectueux de l’environnement ».

Efforts de transparence
Cette organisation appelle à un moratoire sur l’autorisation des cultures génétiquement modifiées jusqu’à ce que le système actuel soit considérablement renforcé. Récemment, M. Dalli a indiqué que l’industrie des biotechnologies doit faire des efforts en matière de transparence. Il demande aux industriels une soumission immédiate de toute information positive ou négative à la Commission européenne ou à l’Autorité européenne pour la sécurité des aliments (EFSA), sans se limiter aux seules informations qui présentent un véritable intérêt commercial.
La Commission « compte proposer de donner aux pays la possibilité de cultiver ou de ne pas cultiver les OGM s’ils le souhaitent » afin de faciliter les autorisations de culture, a encore précisé M. Dalli. Une proposition dans ce sens pourrait être présentée en juin et « aucune autorisation de culture d’OGM ne sera proposée d’ici là », a assuré son porte-parole. Une communication sur les lignes directrices sur la coexistence entre les différentes formes d’agriculture, OGM, conventionnelle et biologique serait également en préparation.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Commission européenne
Suivi
Suivre
pomme de terre
Suivi
Suivre