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Qualité de l’eau L’UFC Que-Choisir veut redistribuer les aides agricoles

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L’association de défense des consommateurs appelle à réorienter les aides agricoles pour préserver la qualité de l’eau. L’UFC propose de mobiliser un milliard d’euros et de reverser intégralement cette somme aux agriculteurs pour les aider à améliorer leurs pratiques ou reconvertir partiellement leur production.

Prélever de l’argent sur les aides délivrées aux productions intensives et taxer davantage les pesticides, les nitrates et l’irrigation. Tel est le dispositif proposé le 22 novembre par l’UFC-Que-Choisir pour réformer la politique de l’eau en France.

L’association propose de mobiliser chaque année un milliard d’euros pour aider les agriculteurs à adopter des pratiques moins polluantes pour le milieu aquatique ou reconvertir une partie de leurs productions. « Il s’agit d’une proposition ambitieuse, réaliste et opérationnelle », insiste Alain Bazot, le président de l’UFC, sans préciser néanmoins comment le reversement des aides s’effectuerait entre productions agricoles.

Marge de manœuvre

Environ 300 millions d’euros seraient issus de taxes payées par les agriculteurs aux agences de l’eau, dans le cadre de la mise en place d’une redevance sur les nitrates et du triplement de la redevance sur les pesticides et l’irrigation.

S’y ajouteraient 400 millions d’euros issus des budgets d’aides agrienvironnementales déjà existants, et 300 millions d’euros prélevés sur les aides du « premier pilier » de la Pac. Selon l’UFC, cette dernière ponction de 300 millions d’euros s’effectuerait en application de l’article 69 de la réforme de la Pac intervenue en 2003. Cet article permet au gouvernement de prélever jusqu’à 10% des aides du premier pilier de la Pac pour l’affecter à des aides du second pilier (développement rural) consacrées notamment à la protection de l’environnement ou à la qualité des produits.

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L’UFC entend présenter ses propositions au premier semestre 2006 dans l’Ouest et le Sud-Ouest de la France, en organisant des réunions et des débats sur le terrain.

La FNSEA en ligne de mire

« Ce ne sont pas les agriculteurs qui sont responsables (de la dégradation de la qualité de l’eau, ndlr) mais la politique de subventions qui a structuré leurs choix de production. Les pouvoirs publics doivent sortir les agriculteurs de l’impasse dans laquelle ils ont été menés», explique le président de l’UFC.L’association de défense des consommateurs fustige également la FNSEA « qui fait croire que le système agricole productiviste va encore perdurer ». L’UFC considère que seule l’introduction d’une démarche environnementale dans la gestion des aides européennes permettra de convaincre les Etats membres réfractaires à la PAC – et notamment au nord de l’Europe – de maintenir un cadre financier solide pour la PAC pour « l’après 2013 ».

Ayant transmis le dossier aux ministères de l’Ecologie et de l’Agriculture, Alain Bazot attend désormais une réaction gouvernementale. « Il serait aberrant que la ministre de l’Ecologie Nelly Olin ne prenne pas les responsabilités qui sont les siennes ».