Abonné

Programme 2012 L’UMP fait le choix de « l’indépendance alimentaire et de la qualité »

- - 6 min

La veille du déplacement de Nicolas Sarkozy dans le Gers, où le chef de l’Etat a une nouvelle fois assuré de son soutien les agriculteurs, l’UMP a publié ses propositions 2012 pour le secteur agricole. Dans un document d’un vingtaine de pages intitulé Atouts stratégiques, le choix de l’indépendance et de la qualité, le parti du président de la République défend le bilan du gouvernement et fait une quinzaine de propositions. C’est sans surprise que l’on retrouve l’enjeu de la compétitivité ainsi que celui de la « protection », thème de campagne probable du président pas encore candidat. Sans oublier l’enjeu « du respect », des consommateurs, des acteurs économiques, de l’environnement et des pays en développement.

Défendre le bilan du gouvernement et donner des idées au futur candidat de l’UMP, non encore déclaré officiellement. Tel est l’exercice auquel s’est livré l’UMP dans le cadre d’un atelier consacré à l’agriculture et à l’alimentation en faisant une quinzaine de propositions, le 28 novembre. S’intégrant dans la réflexion globale menée notamment par Bruno Le Maire, le ministre de l’Agriculture et Jean-François Copé, le patron de l’UMP, ces pistes seront reprises ou non par Nicolas Sarkozy, candidat probable à l’élection présidentielle. C’est sans surprise que l’on retrouve dans le document de l’UMP l’enjeu de la compétitivité, leitmotiv de Bruno Le Maire ainsi que celui de la « protection », probable thème de campagne du candidat UMP pour une présidence protectrice. Sans oublier l’enjeu « du respect », des consommateurs, des acteurs économiques, de l’environnement et des pays en développement. Thème cher à Nicolas Sarkozy, rappelant souvent que tous les citoyens ont « des droits et des devoirs ».

L’enjeu des filières économiques

Se donner les moyens d’une agriculture compétitive, passe par « l’établissement d’une stratégie commune de la production et de la transformation agricole ». L’enjeu de la constitution de filières économiques si cher à Xavier Beulin, le président de la FNSEA, est une des propositions phares de l’UMP qui souhaite « renforcer l’approche économique par filière de l’amont à l’aval » et « développer l’attractivité des PME et des métiers de l’agroalimentaire (...) permettant de « valoriser la production agricole ». Il s’agit aussi de « développer des outils de promotion des exportations », « de soutenir l’installation et la reprise d’activité (cf. encadré) et de favoriser l’harmonisation européenne du droit de travail dans le secteur agricole ». L’UMP est ambitieuse : il convient « d’engager un vaste mouvement d’harmonisation européenne qui aille dans le sens du développement de l’emploi et de la compétitivité. Au chapitre de l’innovation, un des leviers pour gagner en compétitivité, il s’agit de « favoriser particulièrement la recherche, « l’innovation de la chimie verte ou encore les agro-carburants de deuxième génération ». Autre thème bien connu du message de Nicolas Sarkozy au monde paysan : la simplification administrative. L’UMP veut ainsi « libérer les énergies et générer des économies ».

Réguler, gérer et préserver

Alors que Nicolas Sarkozy souhaite endosser l’habit d’un président protecteur, selon ses conseillers, pour la campagne présidentielle, l’enjeu de la « protection » se retrouve logiquement dans le programme de l’UMP sur l’agriculture. Les propositions de l’UMP, sans surprise visent à « préserver les leviers d’action de la Pac ». Nicolas Sarkozy l’a d’ailleurs répété dans le Gers : « Il faut maintenir un budget ambitieux pour la Pac ». L’UMP souhaite également prévenir toute velléité de renationalisation de la Pac en« affirmant le caractère européen » de cette politique. L’ambition est aussi de « poursuivre la mise en œuvre de la régulation des prix et des matières premières agricoles sur la scène internationale ». Au niveau français et européen, l’UMP préconise de « développer les instruments de gestion des risques » et de « défendre les aides Pac, en tant que filet de sécurité ».

L’agriculture bio dans le coup

Le troisième chapitre de ce document programme pour l’agriculture est consacré à « l’enjeu du respect ». Le « respect » appliqué à l’agriculture se décline en 5 propositions. Il faut « garantir une alimentation de qualité à tous les Français » et « maintenir le cap du développement durable et de l’agriculture biologique ». L’objectif de porter à 20 % la part de l’agriculture biologique d’ici 2020 est maintenu ainsi que « celui de réduire de 50 % l’utilisation des pesticides d’ici 2018 ». Rappelons que le Grenelle ajoutait la notion « si possible » dans cette réduction. La proposition 13 se consacre à la gestion de l’eau. Il rappelle le « plan eau » proposé par le gouvernement qui prévoit le développement de « cultures moins exigeantes en eau ». Le respect passe aussi par « le rééquilibrage du rapport de force entre la production, l’industrie et la distribution ». L’un des préalables est « de faciliter le regroupement des producteurs ». Ce rééquilibrage exige aussi « d’adapter le droit de la concurrence » et de « renforcer l’Observatoire des prix et des marges ». Enfin, la dernière proposition vise à « favoriser le développement de l’agriculture dans les pays en voie de développement ». Sur ce point, « le chantier est vaste » commente l’UMP. Peut-être pas seulement pour cette proposition.

Lire p. 16 l a position d»’orama concernant la réforme de la pac

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.