Un an après le lancement par Stéphane Le Foll du plan pour une apiculture durable, la récolte de miel est au plus bas. L'Union nationale de l'apiculture française plaide à nouveau pour supprimer davantage d'insecticides néonicotinoïdes.
L'UNION nationale de l'apiculture française a adressé le 10 février une lettre ouverte au ministre de l'Agriculture. Le syndicat demande à Stéphane Le Foll d'interdire l'usage de tous les néonicotinoïdes (en plus des trois déjà suspendus en Europe, thiamethoxam, clothianidine et imidachlopride, ainsi que du fipronil) y compris l'acétamipride et le thiachlopride, dans son collimateur. Seconde demande explicite : réviser l'arrêté qui instaure la « mention abeille » pour certains pesticides, dans le sens d'un renforcement de la protection des abeilles. La « mention abeilles » n'est, rappelle le syndicat, qu'une dérogation à l'interdiction d'épandre des pesticides en période de floraison, décidée en 1974. Un an après le lancement par Stéphane Le Foll d'un plan pour l'apiculture durable, la récolte de miel de 2013 atteint un plancher « extrêmement inquiétant », selon les mots de l'Unaf, qui a détaillé, lors d'une conférence de presse le 11 février ses motifs de préoccupation. Selon les chiffres avancés par l'Unaf, la production française de miel est de moins de 15 000 tonnes en 2013 (20 000 tonnes en 2011 et 33 000 tonnes en 1995) et les importations supérieures à 26 000 tonnes. Le syndicat met en cause les mauvaises conditions climatiques, mais aussi les intoxications d'abeilles liées aux pesticides qui restent l'un de ses chevaux de bataille. Selon les données de son réseau d'adhérents, l'Unaf estime que la mortalité des abeilles tout au long de l'année (et non seulement la mortalité hivernale) avoisine les 30%.
« Cohérence »Les pesticides restent aux yeux de l'Unaf le premier facteur de mortalité des abeilles. C'est pourquoi le syndicat estime toujours que le retrait partiel obtenus pour les trois molécules à l'échelle européenne est insuffisant (il ne concerne que certains usages, d'autres restant autorisés). L'Unaf espère aussi obtenir le retrait de nouvelles molécules. « La clothianidine n'a jamais été autorisée en France. Le thiamethoxam n'est plus autorisé et aujourd'hui, on se pose des questions sur l'acétamipride et le thiachlopride », a rappelé Jean-Marc Bonmatin, chercheur au CNRS d'Orléans. En soulignant la grande proximité de structure chimique entre ces molécules, il interrogeait : « Ne peut-on pas prendre une décision plus générale sur cette famille ? ». Appuyé par Henri Clément, porte-parole de l'Unaf : « Depuis quinze ans, nous tirons la sonnette d'alarme. Les retraits récents nous ont donné raison. Il faut une cohérence dans les décisions politiques. »
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
L'Unaf croit pourtant que les agriculteurs peuvent être des partenaires d'une apiculture durable. L'association a annoncé que serait officialisé, au Salon international de l'agriculture qui doit s'ouvrir le 22 février à Paris, le label Bee friendly, destiné à indiquer aux consommateurs des aliments produits via des pratiques agricoles respectueuses des pollinisateurs. Ce label est développé par trois associations apicoles européennes : l'Unaf, son homologue italien, l'Unaapi (Unione nazionale associazioni apicoltori italiani) et l'association européenne EPBA (European Professional Beekeepers Association). Les 27 critères permettant de décerner ce label sont contrôlés par un organisme accrédité et indépendant. Pour le moment des fruits et des légumes et des produits laitiers sont concernés, mais les partenaires espèrent élargir au cours de l'année 2014 la gamme de produits étiquetés.