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Apiculture L’Unaf s’inquiète de l’homologation du Proteus

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Lors de sa conférence de presse du 17 février, l’Union nationale de l’apiculture française a exprimé ses inquiétudes face à l’utilisation d’un nouvel insecticide de la famille des néonicotinoïdes, le Proteus. Utilisé dès le printemps 2010 en pulvérisation sur le colza, il risque selon le syndicat d’intoxiquer et de décimer les colonies.

Lors d’une conférence de presse le mercredi 17 février à Paris, l’Unaf (Union nationale de l’apiculture française) a fait part de ses préoccupations au sujet de l’autorisation de mise sur le marché (AMM) accordée fin 2009 au Proteus, fabriqué par Bayer. Ce mélange d’insecticides de la famille des néonicotinoïdes sera utilisé dès le printemps 2010 en pulvérisation sur les grandes cultures dont le colza, qui représente 15 à 20% de la production de miel française. Selon le syndicat, l’utilisation de ces insecticides serait la cause principale de l’intoxication des abeilles. Henri Clément, président de l’Unaf, se dit inquiet car la profession apicole ne pourra alors plus travailler sur les grandes cultures. Le syndicat indique que le tournesol est déjà inexploitable du fait de l’utilisation de pesticides intoxiquant les butineuses. Pour l’organisation apicole, ce déclin des cheptels dès le printemps fera que « les colonies végèteront toute l’année ». L’AMM du Proteus n’a pas encore pu être contestée par l’Unaf qui dit n’avoir été mis au courant que très tard et a ainsi dépassé le délai légal de contestation de l’homologation (2 mois). Pour contourner cela, le syndicat envisage de demander au ministre de l’Agriculture de retirer cette homologation. Ce n’est qu’après son refus que l’organisation apicole pourra contester l’AMM du Proteus.

Des insecticides néonicotinoïdes déjà attaqués par l’Unaf
Le syndicat apicole avait déjà soulevé le problème de cette intoxication des butineuses concernant l’utilisation de produits comme le Gaucho, aujourd’hui interdit, ou encore le Cruiser. Ce dernier reçoit depuis trois années une homologation pour une durée d’un an. Ces AMM sont à chaque fois contestées par le syndicat apicole qui a, cette année encore, déposé une requête auprès du Conseil d’Etat. Cependant, le délai d’instruction dépassant cette période, le résultat est illusoire puisque l’AMM arrive à terme avant même que le Conseil d’Etat ait statué, comme le souligne maître Bernard Fau, avocat du syndicat. Selon Henri Clément, « l’année de la biodiversité, la France ne l’honore pas » et le syndicat souhaite vivement que ces insecticides soient retirés du marché.

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