Après les procès contre les comités interprofessionnels des vins de Bourgogne et de Bordeaux, la tâche d’urgence qui attend les professions viticoles consiste à obtenir la réautorisation des promotions collectives pour le vin. C’est ce qu’ont déclaré le 3 mars les dirigeants de Vin et Société à l’issue d’une rencontre de 500 responsables viticoles et d’une centaine de parlementaires.
« Le ministre de l’Agriculture nous a confirmé ce que Jean-Pierre Raffarin nous a dit la semaine dernière, à savoir que, sans remettre en cause la loi Évin, une adaptation devra avoir lieu pour tenir compte des spécificités de nos produits de terroir », a indiqué Xavier Carreau, président de l’association Vin et Société, qui rassemble producteurs et négociants, à l’issue de la rencontre. En clair, Hervé Gaymard est venu confirmer aux professionnels de la viticulture que la loi Évin sera adaptée dans un sens moins sévère à l’encontre des comités interprofessionnels de promotion des vins.
Deux axes de travail distincts
Deux axes de travail bien distincts sont maintenant sur les rails.
- D’une part l’urgence, c’est-à-dire la possibilité pour les comités interprofessionnels de faire de la publicité, comme les marques de spiritueux le font, dans les revues automobiles ou les matchs sportifs. La résolution de ce problème est « urgente, urgente, urgente, c’est une question de semaines », car les comités interprofessionnels, dont les cotisations ont été prévues par la loi, « ne peuvent plus rien faire », du fait de procès en cours, a précisé Christine Tarby, vice-présidente de Vin et Société. »
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- D’autre part, un travail de réflexion sur la place du vin dans la société, travail en commun avec les associations de prévention routière et de lutte contre l’alcoolisme. La copie devra aboutir à un livre blanc avant le 15 juin, pour prendre par la suite une forme législative, comme par exemple une loi viticole, a évoqué M. Carreau.
La France, grand pays viticole, pourra s’inspirer de l’exemple de pays comme l’Espagne et le Canada, pour construire sa réflexion sur la place du vin dans la société. « L’Espagne a inscrit le vin comme faisant partie de la culture », a indiqué Alain Suguenot, maire de Beaune et député UMP soutenant l’association. « Inspirons-nous du Québec, où la prévention contre l’alcoolisme est faite avec humour, sans avoir besoin d’inquiéter et où les rapports avec le vin sont détendus », a souligné pour sa part Mme Tarby.
La Fédération française des spiritueux a publié un communiqué le 3 mars, dénonçant une « stigmatisation des spiritueux ». Elle souligne les bienfaits de la molécule d’alcool, qu’elle provienne d’alcools ou de vins, sur la diminution des risques cardio-vasculaires. Alain Suguenot, de son côté, a mis en évidence les bienfaits anti-oxydants du vin, du fait de leurs densité en nutriments.