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L'usine d'engrais bas carbone de FertigHy sera opérationnelle en 2030

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La future usine permettra de fournir les agriculteurs français. Crédits : © Elsemargriet/Pixabay

Le consortium FertigHy auquel appartient le groupe InVivo, a annoncé la création, pour 2030 dans la Somme, de la première usine de fabrication d’engrais azotés bas carbone, ou engrais verts. Que se cache-t-il derrière ce terme ? On vous explique.

Le calendrier est calé. La construction de l’usine d’engrais azotés bas carbone devrait débuter en 2027 à Languevoisin (Somme), pour une mise en service en 2030. Telle est l'annonce faite le 13 mai à l’occasion du sommet Choose France. À l’origine du projet, le consortium FertigHy, constitué d’InVivo, Heineken, EIT InnoEnergy, RIC Energy, Maire et Siemens Financial Services. La capacité de production du site avoisinerait 500 000 tonnes d’engrais azotés ammonitrate 27 (ou Can27) par an, soit environ 10 % de la consommation du secteur agricole français. Rappelons que pour l’heure, la France reste dépendante à 100 % des importations pour ses engrais. Outre le gain d’autonomie, l’idée est aussi de verdir le marché en produisant des engrais décarbonés, appelés aussi engrais verts. 

Gris, bleu, vert... un camaïeu d’ammoniac

Traditionnellement, la fabrication de l’ammoniac combine l’azote de l’air et l’hydrogène extrait du gaz naturel, une énergie fossile : une étape qui, en plus, émet du CO2. On parle alors d’engrais « gris ». L’une des voies de réduction des émissions de CO2 consiste à capter et stocker le carbone émis lors de la réaction chimique. Du gris, l’ammoniac passe au bleu. Avec FertigHy, l’idée est de produire des engrais verts, en ne recourant plus aux énergies fossiles. L’hydrogène utilisé, aussi appelé hydrogène vert, provient alors de l’électrolyse de l’eau : une réaction dont la source d’énergie est renouvelable. Ce procédé ne génère par ailleurs pas de CO2

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Pour atteindre la neutralité carbone souhaitée par la France à l’horizon 2050, le secteur des engrais a pris le sujet à bras le corps. L’enjeu pour ces entreprises : décarboner sans délocaliser. Avec cet investissement de 1,3 milliard d’euros, le projet de FertigHy dans les Hauts-de France en est un nouvel exemple. Le consortium prévoit d’ailleurs, dans la foulée, la construction d’une seconde usine, en Espagne.