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Elevage L’utilisation des antibiotiques dans les élevages diminue de 3,9% en 2009

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L’exposition des animaux d’élevage aux antibiotiques a diminué de 3,9% en 2009, mais elle reste 12,6% au-dessus du niveau de 1999. De plus, ces antibiotiques se retrouvent dans les eaux brutes et traitées. Un plan national de réduction de leur utilisation de 25 à 30% est en préparation.

Entre 1999 et 2009, l’exposition des animaux aux antibiotiques a augmenté de 12,6% en France, selon les résultats définitifs du dernier rapport de l’Agence nationale du médicament vétérinaire (ANMV). L’ANMV note néanmoins une tendance à la baisse depuis 2008 (- 3,9 %) « qui doit être confirmée ». En volume global, la quantité d’antibiotiques vendue n’a jamais été aussi basse depuis le début du suivi des ventes en 1999, avec 1067,35 tonnes, soit une baisse de 19,3% (-13 % entre 2008 et 2009), mais cette diminution s’explique par le remplacement de certains antibiotiques par des molécules plus récentes, généralement plus actives et qui donc nécessitent l’administration d’une quantité plus faible. En effet les ventes de céphalosporines de 3e et 4e génération et de fluoroquinolones ont crû respectivement de 105% et 49% entre 1999 et 2009. Depuis 2008 la tendance s’inverse. Entre 2008 et 2009, les ventes de fluoroquinolones se sont stabilisées alors que celles de céphalosporine 3e et 4e générations ont reculé de 13,7%. 44% du tonnage d’antibiotiques vendu en 2009 sont allés aux élevages de porcs, 22% pour les volailles et 16% pour les bovins.

Des antibiotiques détectés dans les eaux

En parallèle, une étude de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), publiée le 19 janvier 2011, fait part des résidus médicamenteux vétérinaires et humains détectés dans les eaux de consommation. Si l’essentiel de ces résidus est issu de médicaments pour la santé humaine, les médicaments vétérinaires ne sont pas en reste, notamment les antibiotiques. Dans les eaux brutes, se retrouvent majoritairement la sulfadimérazine (sulfamide) et la danofloxacine (quinolone). Dans les eaux traitées, si la sulfadimérazine disparaît, la danofloxacine perdure. De même, des antibiotiques présents à l’état de trace dans les eaux brutes ne disparaissent pas après traitement des eaux comme la tylosine (macrolide). De plus, la durée de vie de ces molécules peut aller de plusieurs jours à plusieurs mois. Cette première étude axée uniquement sur 45 molécules, croisée avec celle de l’ANMV, pose le problème de l’antibiorésistance. Ainsi les pouvoirs publics réfléchissent actuellement au lancement d’un plan de réduction de la consommation d’antibiotiques (-25 à 30%), similaire au plan Ecophyto 2018 pour les pesticides.

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