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M. Chapoutier : la France doit pouvoir produire du vin « décontracté »

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Lors d’un entretien avec plusieurs journalistes de la presse spécialisée le 14 novembre, Michel Chapoutier, président de l’Union des maisons de vins (UMVin), a estimé que la viticulture française doit pouvoir produire des vins « décontractés », pas très chers, faciles à boire. « Je suis convaincu que le vin sera désacralisé, on le voit déjà avec les rosés qui accompagnent des mets épicés », a-t-il avancé. Cela n’empêche pas qu’il subsistera une place pour les vins « sérieux » et classiques : « Regardez l’évolution de la musique : le rock et le disco n’ont pas éclipsé le lyrique et le classique ». La viticulture française doit se mettre à la portée de toutes les tendances, à l’instar des gastronomes qui ont su réinventer le bistrot.

Pourquoi cette réflexion du président de l’UMVin sur un sujet déjà débattu dans la profession et qui a abouti à un plan stratégique de la filière ? Parce que si les vignerons ne desservent que le marché du cousu main, ils continueront à perdre des marchés et de la rentabilité. « Le véritable équilibre d’une exploitation agricole est d’avoir une production industrielle pour atteindre son point mort (couvrir ses charges, telles les tracteurs), et ensuite faire du cousu main pour conforter la trésorerie. De la même façon qu’un aviculteur exploite un poulailler industriel et un autre de plein air », a-t-il cité. Pour Michel Chapoutier la viticulture française perd et perdra des marchés parce qu’elle ne produit pas pour le créneau volumétrique des vins, un créneau qui est massif.

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Il dresse un tableau plutôt sombre de l’avenir parce qu’en viticulture, en France, « la politique tue l’économique ». Ainsi, la profession « se croit obligée d’appliquer des contingents de plantations de vignes même quand le risque de surproduction n’est pas établi ». De même, après une année n de basse vendange, « le risque est trop fréquent pour les négociants de se heurter, l’année n+1, au réflexe syndical qui consiste à maintenir le prix élevé, au nom des avantages acquis. C’est comme ça qu’on perd des marchés », a-t-il démonté.

La profession « se croit obligée d’appliquer des contingents de plantations de vignes même quand le risque de surproduction n’est pas établi ».