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Mademoiselle Desserts : 30 M€ d'investissements en dépit d’une année compliquée

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Le Groupe Mademoiselle Desserts investit massivement pour accroître les capacités de production de navettes et de mini beignets du site des Délices des 7 vallées, et pour mettre au niveau d’un point de vue environnemental ses autres sites français. Le spécialiste des desserts pour la restauration et la grande distribution a souffert de la crise du Covid-19, surtout au Royaume-Uni.

Didier Boudy, le directeur général du Groupe Mademoiselle Desserts, ne cache les difficultés liées à la crise du Covid-19 : « On n’a pas pu éviter un plan de licenciement de 150 salariés au Royaume-Uni, ce qui représente un peu moins d’un tiers de notre effectif dans le pays » explique-t-il. Le plan social, mi-juillet, était inévitable : « Nous n’avions pas de visibilité sur la durée de la crise et les perspectives de reprise semblaient assez faibles et lointaines », poursuit-il. Mais surtout, « le Royaume-Uni est un marché où nous travaillons presque exclusivement pour la restauration, un canal de distribution touché de plein fouet par le confinement ». Comble de malchance, Mademoiselle Desserts venait d’investir lourdement fin 2019 dans de nouvelles capacités de production pour des produits véganes et sans gluten. Celles-ci étaient opérationnelles depuis début 2020.

« Nous avons été aidés en août par le plan du gouvernement britannique Eat Out To Help Out qui prenait en charge 50% de l’addition dans les restaurants pour les repas pris entre le mardi et le jeudi : les volumes sont alors brusquement repartis à la hausse, mais il nous manque environ 25% des volumes par rapport à l’année dernière », détaille Didier Boudy. Ce qui empêche pour l’instant de reprendre les embauches sur les sites locaux.

Une situation qui contraste avec celle des Pays-Bas où l’absence de confinement contraint a permis de limiter les dégâts. Sur ce marché, les volumes sont presque identiques à ceux de l'année précédente.

En France, le marché où Mademoiselle Desserts réalise 70% de son chiffre d’affaires, la reprise est lente et progressive, avec des volumes en retrait de 10 à 15%, surtout en restauration. Des sites ont été fermés, au maximum trois semaines. Sur le volet social, les licenciements ont été évités grâce aux dispositifs gouvernementaux et au recours habituel aux intérimaires (environ 25% des effectifs) qui n’ont pas été sollicités cette année pour les produits saisonniers.

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Recil des ventes et de la rentabilité en 2020

Résultat : les prévisions de l’entreprise pour 2020 ont été revues à la baisse. Le chiffre d’affaires sera en recul de 20 à 25% par rapport à 2019 (343 millions d’euros) et la rentabilité (non communiquée) devrait être divisée par deux. Pour 2021, « notre rêve serait de réaliser ce que nous avions prévu de faire initialement en 2020 », espère Didier Boudy, ignorant si ce rêve se réalisera tant l’environnement est difficile à prévoir.

En attendant, la société détenue par le fonds IK Investment Partners depuis 2018 continue d’investir massivement. 30 millions d’euros vont ainsi être mobilisés pour les sites industriels en France dans les 18 prochains mois. Le site de Tincques (Pas-de-Calais) des Délices de 7 vallées, la dernière entreprise acquise (en 2019), va bénéficier de 22 millions d’euros d’ici la fin 2020 pour un nouveau bâtiment et une nouvelle ligne, et pour optimiser les lignes de fabrication de muffins et tropéziennes. « Les ventes de navettes et de mini beignets continuent de se développer, ce qui nécessite de nouvelles capacités de production », justifie Didier Boudy. Cette nouvelle ligne va permettre d’augmenter les volume de 15%. Et le bâtiment est assez vaste pour accueillir, dans 2 ou 3 ans, 3 à 4 lignes au total.

Les autres sites de Valade (Dordogne), Broons (Côtes-d'Armor), Saint-Renan (Finistère) et Argenton-sur-Creuse (Indre), vont aussi bénéficier de travaux pour un montant de 8 millions d’euros afin de réduire l’impact sur l’environnement des installations de froid.  « Objectif : supprimer l'utilisation et la recharge des gaz à effet de serre et utiliser des équipements neufs tels que les compresseurs, les évaporateurs, les systèmes de dégivrage des surgélateurs qui consomment moins d'énergie et requièrent moins de maintenance », précise Mademoiselle Desserts.