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Présidence espagnole de l’UE Madrid réaffirme le caractère « stratégique » de la Pac

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Durant les six prochains mois, la présidence espagnole de l’UE compte accorder une large place la réforme de la politique de la pêche qui entre dans sa « phase finale ». Mais Madrid entend néanmoins apporter sa pierre à la réflexion sur « la politique agricole commune après 2013, "Horizon 2020" » et poursuivre les travaux entamés ces derniers mois sur la compétitivité de l’agriculture et de l’industrie agroalimentaire ainsi que sur le rôle des femmes dans les zones rurales. Par ailleurs, les ministres jetteront les bases des nouvelles relations avec le Parlement européen, qui du fait de l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne, voit ses compétences élargies dans le domaine agricole.

L’Espagne, qui occupe depuis le 1er janvier et pour les six prochains mois la présidence tournante de l’UE, estime que les discussions sur la réforme de la politique agricole commune vont entrer dans une phase « décisive ». Car c’est durant ce semestre que la Commission européenne, une fois en place, va présenter une communication sur la réforme du budget communautaire. Un document qui donnera le véritable coup d’envoi aux débats sur la révision des politiques européennes.
Madrid entend orienter les discussions agricoles sur la gestion des marchés et les situations de crise. Dès le mois de février, la présidence espagnole devrait présenter un « document de discussion » à ce propos. Elena Espinosa, la ministre espagnole de l’environnement, du milieu rural et de la pêche, devrait aussi convier ses homologues européens à des discussions informelles, à Mérida (Espagne), dans le sud-ouest du pays, du 30 mai au 1er juin, pour des discussions sur l’après 2013.
L’Espagne considère que la Pac présente une véritable « valeur ajoutée » européenne et doit, à ce titre, être maintenue. Selon elle, les objectifs assignés par les traités, tels que la sauvegarde de l’environnement et des paysages et la production durable de nourriture de qualité en quantité suffisante, « restent valables ». D’ailleurs, le 30 décembre, à l’occasion de la présentation d’un « plan choc » d’aides à l’agriculture espagnole, le chef du gouvernement, José Luis Rodriguez Zapatero, a rappelé le caractère « stratégique » du secteur agricole.

Renforcer la compétitivité de la chaîne alimentaire
Outre la réforme de la Pac, la présidence espagnole souhaite poursuivre les travaux sur la compétitivité de la chaîne alimentaire. Dès le 18 janvier, les ministres de l’agriculture de l’UE devraient procéder à un échange de vues sur ce thème. L’Espagne considère que les zones rurales constituent un moteur essentiel à la croissance qui doit être dynamisé par l’innovation et le développement. Et ce, d’autant plus dans le contexte actuel de sortie de crise économique. La présidence relève que le secteur agroalimentaire européen doit être davantage présent sur les marchés mondiaux, mais qu’il s’agit, sur le marché communautaire, d’assurer une concurrence loyale entre les produits qui respectent les normes très strictes de l’UE et ceux en provenance des pays tiers.

Faire davantage de place aux femmes dans les campagnes
Par ailleurs, Madrid affiche une autre priorité : freiner la masculinisation et le vieillissement des campagnes européennes. Il est nécessaire, selon elle, d’offrir une place renforcée aux femmes dans les zones rurales, qui permettent de sortir ces espaces de leurs rôles traditionnels et participent à leur diversification.
Enfin, la présidence continuera de suivre attentivement l’évolution de la situation sur le marché du lait, notamment lors d’un échange ministériel programmé pour le mois de mars, et prêtera attention au processus de simplification de la Pac. Une « surveillance globale » des négociations du cycle de Doha à l’OMC sera assurée.

Indicateur de bien-être des animaux et protection des sols
Dans le domaine sanitaire débutera le travail des Vingt-sept sur l’étiquetage du bien-être animal, avec en particulier la question des indicateurs. Un premier échange de vues ministériel pourrait être organisé par la présidence fin février. De même au mois de mai, les ministres devraient débattre de la conduite à tenir en matière de lutte contre les encéphalopathies spongiformes transmissibles (EST) sur la base d’une nouvelle feuille de route en cours d’élaboration par les services de la Commission.
Par ailleurs, l’Espagne espère parvenir à boucler les négociations sur le bien-être des animaux de laboratoire et à conclure un accord, avec le Parlement européen d’ici à février, sur la circulation des animaux domestiques. En ce qui concerne les forêts, Madrid accordera une « grande importance » à la lutte contre les incendies, dans le contexte du changement climatique et de la préservation de l’environnement. Ces discussions seront menées par la présidence dans le cadre des Conseils environnement. C’est d’ailleurs aussi avec les ministres de l’environnement de l’UE que la présidence espagnole entend relancer, en vue d’un accord politique dès le mois de mars, les négociations sur la directive cadre sur la protection des sols.

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