En plein examen du projet de loi de finances, les deux syndicats, accompagnés du Civam et d’Eau et rivières de Bretagne se sont mobilisés à Paris pour demander des rallonges budgétaires pour les Maec et la bio.
La Confédération paysanne (Conf'), le réseau Civam, la Fnab (agriculteurs bio) et l’association Eau et rivières de Bretagne ont organisé, aux Invalides à Paris le 14 novembre, une mobilisation nationale pour « le soutien à la transition agroécologique ». La mobilisation intervient alors que le gouvernement n’a finalement pas retenu plusieurs amendements adoptés par l’Assemblée nationale en première lecture du projet de loi de finances (PLF) pour 2024 qui octroyaient 271 M€ de crédits à la bio et 100 M€ aux MAEC. Les débats autour du PLF commençaient la même semaine au Sénat ; le syndicat minoritaire avait donc invité les parlementaires « à venir échanger avec les paysans et paysannes » des régions où les budgets pour les Maec sont insuffisants par rapport à la demande des agriculteurs.
Une vingtaine ont répondu à l’invitation, dont les députés socialistes Dominique Potier (Meurthe-et-Moselle), Claudia Rouaux (Ille-et-Vilaine), Chantal Jourdan (Orne) et le communiste André Chassaigne (Puy-de-Dôme). Début octobre, la Conf’ estimait qu’il manquait 60 M€ en Bretagne, 225 M€ en Nouvelle-Aquitaine et près de 49 M€ en Paca. Le 31 octobre, le ministre de l’Agriculture Marc Fesneau a annoncé à l’Assemblée qu’il ferait le point sur la situation et les ressources budgétaires devant initialement être mobilisées (70 M€ via les agences de l’eau) et qu’il examinerait la possibilité d’utiliser les « reliquats » de la Pac 2023.
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Reliquats bio pour écorégimes bio
Justement, la Fnab et la Conf' interpellent aussi le ministère de l’Agriculture sur le fléchage de ces reliquats, en particulier ceux de l’enveloppe d’aide à la conversion à l’agriculture biologique. Les deux organisations souhaitent qu’elles soient redirigées « sur des mesures bio uniquement », et non sur les Maec comme cela est pressenti. « Ces crédits doivent rester sur la bio. Si on commence à [les] mettre n’importe où, on éteint complètement l’idée que la bio est une réponse, une possibilité de la transition », a déclaré le secrétaire national de la Fnab Loïc Madeline. Dans le détail, la Fnab et la Conf' demandent toujours « un écorégime bio à 145 euros/ha au lieu de 92€/ha ». « Il ne s’agit pas déshabiller Paul pour habiller Jacques en prenant les reliquats de la conversion à l’agriculture biologique pour les mettre sur les Maec », a renchéri la porte-parole de la Conf’Laurence Marandola.