Engagement du dernier congrès du maïs à Pau, l’intégration des coûts de production dans les contrats de maïs semence patine, au grand dam des producteurs.
Un an après le vote d'une résolution engageant les opérateurs à rediscuter leurs contrats en intégrant les coûts de production, de premiers résultats ont été dévoilés lors du congrès du maïs à Orléans le 18 novembre, qui ont déçu les représentants des producteurs. Moins de 15 % des organisations de producteurs avaient formellement introduit cet élément dans leurs contrats, et moins de 30 % avaient engagé un travail sur cette question. « On est très loin d’être à la hauteur de ce qui est nécessaire », a déclaré Stéphane Desrieux, secrétaire général de la section semences de l’AGPM (producteurs, FNSEA). L’élu rapporte également de faibles effets sur les niveaux de prix, dans un contexte de prix baissiers sur le marché des grains, sur lequel sont traditionnellement adossés les prix des semences. Le directeur adjoint de Syngenta France Xavier Thévenot voit, lui, le verre à moitié plein : « Nous avons établi les termes du débat », a-t-il déclaré, appelant à poursuivre les discussions. Ces négociations ont occasionné la démission d’un vice-président de l’AGPM Semences, Jérôme Dal, dont les fonctions de négociateur de son OP l’ont mis en froid avec le président du semencier Lidea, Pierre Pagès, par ailleurs président de la FNPSMS (interprofession). Son annonce, faite publiquement lors du congrès, a occasionné des réactions dans la salle : « Les présidents d’OP veulent savoir jusqu’où ils peuvent avoir votre soutien », a déclaré un producteur, en soutien à son homologue.
Le retour du MRDV
Malgré ces tensions, les surfaces devraient rester « stables, en légère hausse » l’an prochain, après avoir dévissé en 2024, prévoit Pierre Pagès. Bien sûr, l’eau sera au coeur des inquiétudes. La Roumanie a perdu 70 % de sa production depuis deux ans à cause de difficultés d’accès à l’eau. Mais la filière s’inquiète aussi de la réémergence du virus MRDV (virus du nanisme rugueux sur maïs) dans le sud-ouest, qui n’avait plus été rencontré en France depuis une vingtaine d’années, et contre lequel les producteurs n’ont plus de moyens de lutte chimique. Selon la section semences de l’AGPM (producteurs, FNSEA) ce sont environ 6 000 ha qui ont été touchés cette année par cette maladie, transmise par la cicadelle brune. Si les effets sur le volume national produit ne sont pas significatifs, les impacts sur les fermes touchées peuvent être importants, et l’absence de moyens de défense inquiète – essentiellement la filière semences, car la maladie a moins d’incidence en filière de consommation. D’après le président de la FNPSMS (filière) Pierre Pagès, les dégâts peuvent aller jusqu’à 60 % sur certaines parcelles. L’institut technique Arvalis est actuellement en cours de recherche de molécules en dehors de celles autorisées en France sur cette culture.
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MR