Abonné

Maïsadour veut devenir « neutre en carbone » en 2045

- - 5 min

Énergies renouvelables, soja local pour l’alimentation animale, réduction des engrais, etc. : Maïsadour veut réduire ses émissions de GES pour devenir atteindre la « neutralité carbone » en 2045, cinq ans avant le cap fixé par les pouvoirs publics.

Lors d’une conférence de presse le 7 décembre, à l’occasion de son assemblée générale, le groupe Maïsadour a indiqué vouloir devenir « neutre en carbone » en 2045, soit cinq ans avant la date fixée par les pouvoirs publics dans la Stratégie nationale bas carbone (SNBC). Dans le détail, il vise une réduction de 58 % de ses émissions de gaz à effet de serre (GES), le reste étant compensé (notamment, Maïsadour « travaillera sur la séquestration du carbone »). Un objectif intermédiaire de -25 % est fixé pour 2035. Pour y parvenir, la coopérative a mis en place quatre groupes de travail, précise un dossier de presse : énergie (suppression du gaz et déploiement du photovoltaïque) ; productions végétales (diminution des intrants azotés minéraux) ; nutrition animale (baisse des importations dont soja) et élevage (panneaux photovoltaïques sur les bâtiments).

En matière d’alimentation animale (environ un tiers de ses émissions), Maïsadour compte sur sa filière locale de soja Graines d’alliance. Démarrée cette année en partenariat avec Vivadour, l’usine a trituré 8 000 t de graines et vise un rythme de croisière de 18 000 t en 2024. Le groupe coopératif assure que ses poulets nourris au soja local « ont une empreinte carbone de 20 à 40 % inférieure aux poulets standards français ou importés ». Par ailleurs, « nous avons l’ambition de réduire la consommation d’énergies dans les champs, les transports, les usines, toute la chaîne, a indiqué le président de Maïsadour Daniel Peyraube. À l’échéance 2025, 50 % de notre consommation proviendra d’énergies renouvelables » (puis -70 % en 2045). En octobre, la coopérative avait annoncé vouloir généraliser les panneaux photovoltaïques sur tout nouveau bâtiment d’élevage.

Objectif -30 % d'engrais en 2030

Dans les champs de ses adhérents, le groupe vise un objectif de 100 000 ha d’agriculture régénératrice et une baisse de 30 % de l’utilisation d’engrais azotés d’ici 2030, grâce à un « concept innovant de conseil en fertilisation » (analyses de sols et de sève, bactéries fixatrices d’azote, biostimulants, engrais bas carbone). « Concrètement, cela veut dire que 60 unités d’azote par hectare doivent être apportées par d’autres formes que les engrais minéraux », explique Jean-Louis Zwick, directeur du pôle Agriculture. En particulier, en matière de bactéries fixatrices d’azote, « nous commercialisons les produits de plusieurs sociétés (Corteva, Gaïago, Syngenta, Alltech…) », précise la coopérative à Agra Presse. Et d’indiquer que produits doivent permettre de « diminuer la part de fertilisation minérale de 10 à 15 %. Ce n’est qu’un début car les technologies vont encore évoluer. »

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

La coopérative du Sud-Ouest a réalisé son bilan carbone sur l’exercice 2021-2022 pour l’ensemble de son activité (scope 1 à 3). Ses principaux postes d’émissions ? Les productions végétales (dont semences) à 35 %, la nutrition animale à 29 % et l’activité d’élevage (incluant la pisciculture), à 10 %. Maïsadour a aussi mené des bilans carbone chez ses adhérents : 300 diagnostics simplifiés ont été réalisés, sur une surface de 20 000 ha, avec l’objectif d’atteindre 500 bilans début 2024.

En recherche d’un projet pour le foie gras

Plus largement, Maïsadour veut « devenir une référence environnementale », ce qui constitue le premier axe de sa nouvelle feuille de route Ambition 2030. Parmi les autres mesures au niveau environnemental : des objectifs de 100 % de couverts végétaux en hiver en 2030, ou encore 100 % de parcours d’élevage en agroforesterie d’ici 2026. Les trois autres axes de la feuille de route portent sur la valeur ajoutée, les ressources humaines (attractivité) et le lien avec les territoires.

En 2022-2023, Maïsadour (5 000 agriculteurs adhérents) a dégagé un chiffre d’affaires de 1,475 Md€. Un exercice marqué par de fortes turbulences : l’inflation, un nouvel épisode d’influenza aviaire ou encore la sécheresse, qui a fait chuter la collecte d’un quart. « Notre groupe va bien », rassure son directeur Christophe Bonno, avec un résultat « en hausse de 35 % par rapport à l’an dernier ». Autre fait marquant de la campagne qui s’achève : la finalisation de l’intégration de Fermiers du Sud-Ouest (volailles) après le retrait de Terrena. L’été 2023 a enfin vu Maïsadour et Euralis abandonner leur projet de fusion des activités canards gras, en raison de craintes pour la concurrence. « Ça ne résout en rien l’ensemble des problématiques », relève Éric Humblot, directeur de MVVH (pôle Gastronomie), déplorant des « surcapacités industrielles » et la « fragilité de l’ensemble de la filière canards gras », secouée par des épisodes d’influenza aviaire à répétition. Comme le note M. Humblot, « nous sommes en train de regarder si un autre projet peut permettre d’apporter des solutions ».

L’usine Graines d’alliance a trituté 8 000 t de soja local

Maïsadour veut « devenir une référence environnementale »