Maïsadour a réalisé un exercice 2013/2014 marqué par les difficultés de certaines de ses activités agroalimentaires et par une météo difficile pour l'amont. La crise ukrainienne est venue achever le tableau. Il s'agit désormais de redresser les activités traiteur et saumon et de maîtriser l'endettement du groupe, qui sort d'une phase de croissance importante.
Le groupe coopératif Maïsadour a connu un exercice 2013/2104 compliqué tant sur l'amont que sur l'aval. Récolte difficile et dévaluation de la grivna ont largement pesé sur les résultats. Mais c'est bien sur ses activités agroalimentaires que le groupe doit redresser la barre structurellement, d'autant qu'elles ont généré un endettement « relativement élevé », comme l'admet Thierry Zurcher, directeur général depuis quelques mois. « Notre priorité consiste à restaurer les équilibres financiers de certains métiers et à consolider les activités, ce qui n'exclut pas d'investir si des opportunités se présentent », nous a-t-il indiqué.
RESTRUCTURATION DU TRAITEUR…
Les activités agroalimentaires de Maïsadour (521 millions d'euros de chiffre d'affaires pour le pôle gastronomie et 218 millions d'euros pour Fermiers du Sud Ouest, sur 1,55 milliard) ont perdu de l'argent sur l'exercice, notamment du fait du PSE mené à bien sur le site de Thouars (79) (traiteur). Ce dernier a en effet été spécialisé sur la RHF, tandis que le site d'Estillac (47) servira la GMS.
« Cette restructuration doit nous permettre de retrouver l'équilibre sur l'outil industriel. Il faudra ensuite revoir les gammes », explique Thierry Zurcher. Notons toutefois que Maïsadour n'est pas le seul groupe à souffrir sur ce marché, encore aggravé par la crise de la viande de cheval l'an passé. Euralis a déjà restructuré cette activité et LDC peine à rentabiliser toutes les branches de Marie, pour ne citer que ces deux exemples.
… ET DU SAUMON
L'activité saumon, constituée à coup d'acquisitions de sociétés en difficulté ces deux dernières années, sera rentabilisée en deux ou trois ans. « C'est un nouveau métier, notamment au niveau des achats, et il faut remettre de l'ordre dans l'organisation industrielle », admet Thierry Zurcher. Là aussi, une spécialisation des sites est en cours. Le site de Cany Barville est dédié aux plateaux traiteur, aux produits tranchés à plat et aux grandes séries tandis que les petites séries et les fabrications manuelles sont réalisées sur le site de Brioude. Et là aussi, il s'agit d'un secteur difficile, avec des hausses des matières premières parfois très difficiles à absorber et qui pénalisent la consommation.
Avec Excel, le groupe Maïsadour a intégré le savoir-faire des côtelettes de canard, qui sont lancées au niveau national en RHF. Cette découpe présente deux avantages par rapport à un magret : une cuisson plus rapide (4 minutes au lieu de 20 minutes car il n'y a pas de côté gras) et une bonne couverture d'assiette pour un coût portion inférieur de moitié (2 euros contre 4,50 euros). Une innovation qui devrait séduire les restaurateurs confrontés à un marché très difficile.
UNE ACTIVITÉ FOIE GRAS JUGÉE INSUFFISAMMENT RENTABLE
Le foie gras, rentable, ne dégage pas assez de marges au goût du directeur général, entré en fonction il y a quelques mois. « Je suis étonné par les prix, qui sont très bas », a-t-il souligné à deux reprises. Si l'activité est rentable, Delpeyrat a fait une très mauvaise saison festive l'an passé. « Pour cette année, j'attends un exercice plus difficile que le précédent avec la guerre des prix et le contexte de crise de la consommation. Le carnet de commandes est moyen, mais la GMS se décide de plus en plus tard. Les prix restent assez bas car il y a sans doute trop de stock », commente Thierry Zur-cher. « Sur le jambon de Bayonne, un gros travail a été fait sur le fond de rayon. Le modèle n'était pas si confortable il y a deux ans », explique-t-il à titre d'exemple.
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EXCEL RESTE À REDRESSER AU CANADA
Toujours dans le foie gras, l'acquisition d'Excel avait permis à Maïsadour d'entrer sur le marché canadien, et donc américain, via la société Elevage du Périgord et ses sites de transformation. Une activité qu'il a fallu redresser, et que Maïsadour espère bien développer via un partenariat avec une coopérative québécoise. Sur les activités françaises également, il a fallu rationaliser la gestion. Les ventes d'Excel en RHD en France ont été divisées par deux (à 7 millions d'euros), notamment du fait de l'arrêt de certains marchés non rentables, expliquait Frédéric Poncharal, directeur commercial et marketing pôle terroir, lors d'un point presse sur la marque Sarrade le 9 décembre.
FERMIERS DU SUD-OUEST EN ORDRE DE MARCHE
Seule vraie source de satisfaction pour le groupe à l'aval, la bonne santé de Fermiers du Sud Ouest (dont Terrena détient 49 %), dont les volumes ont bien progressé, et le déploiement du nouveau positionnement et des nouvelles boutiques de Comtesse du Barry, encore déficitaire, mais dont le groupe attend beaucoup.
DES RÉCOLTES TRÈS MAUVAISES ET LE POIDS DE LA CRISE UKRAINIENNE
A l'amont, Maïsadour a souffert sur 2013 / 2014, avec une récolte de maïs en baisse de 30 % (à 640 000 tonnes), et une récolte de semences en baisse de 25 %. La crise ukrainienne est venue se greffer à l'accident climatique, entraînant une dévaluation de la grivna qui a obligé le groupe à passer une provision de 14 millions d'euros, ce qui a fait plonger les résultats dans le rouge. Le groupe peut néanmoins se féliciter d'avoir constitué des stocks suffisants en Russie avant la fermeture de la frontière. Les jardineries également ont souffert, et misent notamment sur les produits frais pour se relancer. Au rang des satisfactions, la nutrition animale, les semences hors Ukraine, l'élevage service ou encore les légumes.
LES PERSPECTIVES DE L'EXERCICE EN COURS
Au global, Maïsadour a dégagé un chiffre d'affaires de 1,55 milliard d'euros, en croissance de 4 %. L'excédent brut d'exploitation a progressé de 6 %, à 52 millions d'euros, ce qui incite les dirigeants à se montrer optmistes pour l'avenir. La perte nette s'élève à 11,7 millions d'euros. Pour l'exercice en cours, c'est l'abondance de la récolte, tant en maïs qu'en légumes, qu'il va falloir gérer, et le redressement des activités agroalimentaires.