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Malgré le déconfinement, les consommateurs boudent la RHD

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Une nouvelle enquête du Geco Food Service s’est penchée sur la situation de la RHD depuis le déconfinement. La crainte de la contamination bouleverse les comportements des consommateurs, révélant un avenir incertain pour la filière.

Le Geco Food Service a dévoilé le 16 octobre les résultats d’une enquête analysant l’impact de la Covid-19 sur les consommateurs dans le food service. Menée en trois vagues entre mai et septembre sur un échantillon représentatif de 1 200 personnes, l’étude a pu suivre l’évolution des attentes et des comportements des consommateurs. Dans un marché « structurellement mis à mal » ces six derniers mois et alors que le gouvernement vient de décréter le couvre-feu dans neuf villes de France, Laurent Repelin, président du Geco, s’est désolé lors d’une conférence de presse de cette « actualité anxiogène pour l’ensemble de la filière ». Selon lui, la crise du coronavirus a stoppé net le dynamisme d’un « secteur en pleine croissance » qui représentait jusqu’alors près de 90 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel. De plus, l’évolution des habitudes de consommation affecte non seulement la RHD, mais aussi leurs fournisseurs, « déstabilisant l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement ».

Depuis le début de la crise du coronavirus, 49 % des sondés vont moins souvent au restaurant et le budget hebdomadaire consacré à la RHD a baissé de 12 % entre mai et septembre, passant de 57,50 € à 50,80 €. Les types de RHD les plus touchés par la baisse de fréquentation sont les pizzerias, les cafés-restaurants-brasseries et les restaurants ethniques, sans que les raisons en aient été sondées. Désormais, les Français disent privilégier la restauration traditionnelle et indépendante. Plus qu’un bouleversement, Laurent Repelin voit en cette crise « un accélérateur de tendances » qui doit pousser les entreprises à être plus innovantes.

L’hygiène fait la différence

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Même si, comme le rappelle Frédérique Lehoux, il est toujours compliqué de cerner l’état d’esprit des consommateurs, ces derniers ont majoritairement fait part de leur crainte de la contamination. L’hygiène est devenue le principal critère de choix d’un restaurant (60 %), loin devant les prix (26 %), l’origine des produits (27 %) et le bio (12 %). Pour 52 % des sondés, la peur du manque d’hygiène est même le principal frein à la fréquentation des restaurants.

Parmi les secteurs les plus touchés, la restauration d’entreprise subit une chute de sa fréquentation, alors que 30 % des actifs étaient encore en télétravail fin septembre. Ces derniers se tournent en majorité (62 %) vers des repas faits « maison ». Pour Laurent Repelin, cette situation risque d’affecter « la pérennité même » de la restauration d’entreprise.

Alors qu’elles pouvaient paraître comme des solutions au début de la crise, la livraison à domicile et la vente à emporter ne compensent pas la perte de chiffre d’affaires des professionnels. En cela, la directrice du Geco les voit « plutôt comme des outils de fidélisation que de recrutement ». L’introduction des couvre-feux pourrait néanmoins de nouveau accroître la demande pour la livraison à domicile.