Abonné

FranceAgriMer Malgré une demande soutenue, les cours des céréales se replient

- - 4 min

Suite au conseil spécialisé des céréales, tenu à Paris le 9 mars, FranceAgriMer a rehaussé à 12,6Mt, contre 12,1Mt le mois dernier, ses estimations d’exportations de blé tendre français vers pays tiers. Ceci est dû à une baisse de 210 000t des exportations vers l’Union européenne et à une hausse de la collecte de 247 000t. De plus, les représentants de FranceAgriMer ont fait le point sur le marché mondial des grains à la veille de la parution du rapport de l’USDA. Quant au repli récent des cours, il serait la conséquence de liquidations gérées par des fonds d’investissement.

«La hausse de collecte, réalisée à un taux record de 91,9%, est en ligne avec les prix observés sur les marchés », a indiqué Xavier Rousselin, chef de l’unité grandes cultures chez FranceAgriMer, suite au conseil spécialisé des céréales à Paris le 9 mars. Ce dernier signale d’ailleurs qu’il restait 4Mt de blé français à exporter sur les quatre prochains mois. Cependant, le rythme des exportations françaises obligera le pays à importer 0,75Mt de blé tendre pour satisfaire sa demande intérieure. D’ailleurs, Michel Ferret, chef du service marché et études filières chez FranceAgriMer, a souligné que « sur 13,8Mt de certificats attribués pour l’exportation de blé tendre dans l’Union européenne, 8,9Mt concernaient les origines françaises, soit près des deux tiers des attributions européennes, contre 53% l’année dernière ».

Malgré des fondamentaux tendus, des liquidations font baisser les cours
« De gros achats de blé tendre français ont eu lieu de décembre à janvier, avec un pic mi-décembre lié à la constitution de stocks pour parer à toute éventualité dans les pays importateurs », a indiqué Michel Ferret, en expliquant que le marché était de fait suralimenté. Ainsi, les prix du blé tendre ont connu un recul début février suite à des liquidations massives de leurs positions de la part des fonds, ces derniers ayant souhaité empocher leurs gains. « De leur côté, les cours du coton ont flambé suite à des prises massives de positions de la part des fonds, en hausse de 373% entre le 15 et le 22 février en raison d’une situation proche de la pénurie », a indiqué Michel Ferret. Ce dernier a aussi observé d’importants aménagements de position sur le marché du pétrole, véritable élément directeur des marchés agricoles à plus de 100$ le baril à New York.

Un marché du maïs sous tension avec la progression de l’éthanol
« Si le stock de report en maïs est en hausse au niveau mondial, il reste sur de bas niveaux, à 5% du total des utilisations », a indiqué Xavier Rousselin. Le Conseil international des céréales ayant revu à la hausse de 2Mt les utilisations industrielles du maïs cette année, les cours de la culture restent orientés à la hausse, et ce malgré un ralentissement des incorporations par rapport aux années précédentes. « Cependant, le taux d’incorporation de 10% d’éthanol dans le carburant aux Etats-Unis étant atteint, et l’E15 ne faisant pas florès, en raison des réticences de la part des distributeurs, des discussions auront lieu aux Etats-Unis pour maintenir ou non une fiscalité favorable à l’éthanol après le 15 octobre prochain », a expliqué Xavier Rousselin. Il a enfin indiqué que l’USDA n’était pas confiant quant aux exportations d’éthanol américain l’année prochaine en raison d’un repli des cours du sucre, qui pourrait entraîner un retour de la compétitivité de l’éthanol brésilien.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

blé tendre
Suivi
Suivre