Dans le Sud-Ouest, la Coordination rurale appelle à la mobilisation devant les préfectures le 19 novembre, puis à un blocage du « fret alimentaire » le lendemain en l’absence de réponses des pouvoirs publics.
La Coordination rurale (CR) du Lot-et-Garonne a appelé le 4 novembre « tous les agriculteurs » à se mobiliser devant les préfectures le 19 novembre « pour demander un ultime sursaut au gouvernement », menaçant en l’absence de réponse des pouvoirs publics de « bloquer le fret alimentaire » dès le lendemain. Une action qui vise à « donner un avant-goût au gouvernement de ce que sera notre pays, demain, sans agriculteur », selon un communiqué. Contacté par l’AFP, l’un de ses coprésidents, José Perez, a précisé qu’il s’agissait d’un « appel national déjà calé dans le grand Sud-Ouest, en Occitanie et Nouvelle-Aquitaine ». « On va demander des rendez-vous aux préfets le 19 et, si on n’a aucune réponse, on ira bloquer le pays », a-t-il ajouté. Début octobre, le président de la CR du Gers Lionel Candelon menaçait de « paralyser et affamer » Toulouse un mois plus tard. Lors du mouvement de colère agricole de l’hiver 2023-2024, c’était déjà la CR du Lot-et-Garonne qui avait tenté de bloquer le marché d’intérêt national (Min) de Rungis, fin janvier, sans succès.
Le Modef mobilisé le 8 novembre
De leur côté, les adhérents du Modef devaient se mobiliser dès vendredi 8 novembre, également devant les préfectures, pour « dénoncer le plan social agricole du gouvernement », d’après un communiqué du 28 octobre. En plein examen du projet de loi de finances (PLF), le syndicat dénonce « une baisse du budget 2025 alors qu’il devrait augmenter ». Et d’ajouter que « le gouvernement agit contre les paysans en acceptant le traité de libre-échange avec le Mercosur et en refusant de garantir une rémunération digne ».
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Dans son communiqué, le Modef réitère ses revendications : « prix minimum garantis par l’État », encadrement des marges, prise en charge de vaccination « à 100 % » pour plusieurs maladies animales (FCO 3 et 8, MHE, influenza aviaire, fièvre charbonneuse), « prise en charge des cotisations MSA » en céréales, fruits, légumes et arboriculture, ou encore mise en place d’une « caisse mutualiste publique climatique et sanitaire ». Le syndicat rappelle le contexte chahuté pour de nombreuses productions, entre intempéries, mauvaises moissons et crises sanitaires à répétition. Au-delà du Modef, les autres syndicats ne sont pas en reste : la FNSEA et les JA manifesteront à la mi-novembre, notamment pour l’accord de libre-échange UE/Mercosur, tandis que la Confédération paysanne a choisi des actions ciblées, notamment contre la réduction de collecte annoncée par Lactalis.