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Manifestations : pression agricole maintenue en vue des Européennes

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Si depuis les manifestations agricoles du printemps, le soufflé est quelque peu retombé, certaines organisations maintiennent la pression juste avant les élections européennes, à Bruxelles, mais aussi à la frontière franco-espagnole.

À quelques jours des élections, environ 1 200 agriculteurs et 500 tracteurs, venus de plusieurs pays européens, principalement des Pays-Bas, manifestaient, le 4 juin, au pied de l’Atomium, célèbre monument bruxellois, contre la politique de l’UE, notamment environnementale. Toutefois, les organisateurs et participants de cette manifestation, considérés comme proches de l’extrême droite, n’ont pas pu, comme ils l’auraient voulu, défiler devant les institutions européennes. Parmi eux : Farmers Defence Force, fondé aux Pays-Bas en 2019, à la pointe des protestations depuis 2022 contre la politique de réduction des émissions d’azote ; le LSV, deuxième syndicat agricole allemand, proche de l’AfD, ou encore la plateforme espagnole 6F liée au parti Vox. Plusieurs personnalités politiques comme l’eurodéputé d’extrême droite Tom Vandendriessche (Vlaams Belang), ainsi que des représentants du parti conservateur polonais Droit et Justice sont intervenus. Côté français, la Coordination rurale a annoncé sa participation, estimant nécessaire de mettre fin « aux dérives libérales de l’UE, à la folie du Green Deal et de ses objectifs déconnectés des réalités économiques et agricoles, ainsi qu’aux réglementations toujours plus nombreuses et coûteuses ». Au contraire, les organisations agricoles belges francophones FWA, FJA et Fugea ont refusé d’être associées aux idées diffusées lors de ces protestations. Le Copa-Cogeca avait aussi demandé à ses membres de ne pas participer à la rencontre. « Nous félicitons les principales organisations d’agriculteurs d’être restées à l’écart de cet événement d’extrême droite », a commenté Bas Eickhout, co-candidat principal des Verts aux Européennes.

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Dernier blocage

La veille, des agriculteurs espagnols et français ont bloqué, le 3 juin, huit points de passage transfrontaliers le long des Pyrénées, entre le Pays basque et la Catalogne (notamment l’A9 Montpellier-Barcelone et l’A63 Bordeaux-Bilbao). Au cœur des revendications de ce mouvement organisé par aucun des syndicats agricoles traditionnels : la mise en place effective des clauses miroir sur les produits importés de pays tiers et l’accès à une énergie moins chère. « Aujourd’hui, c’est un blocage historique qui ne s’est jamais fait en Europe », a indiqué à l’AFP Sébastien Barboteu, porte-parole des agriculteurs français mobilisés. Satisfaits de leur action, les organisateurs de la manifestation ont peu à peu levé leurs barrages le 4 juin dans la matinée. Jérôme Bayle, figure française de la contestation agricole du début d’année, a assuré avoir eu une conversation téléphonique avec Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée auprès du ministre de l’Agriculture. « On ne demande pas le bout du monde, juste que l’Europe soit uniformisée dans la réglementation et les taxes. C’était une action coup de poing, on a été entendus, le gouvernement nous a appelés », s’est-il félicité.

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