Dans un contexte économique morose pour les agriculteurs, la visite du Premier ministre s'est déroulée sans accroc. Manuel Valls a lancé les premiers GIEE, projet cher à Stéphane Le Foll et a discuté avec la filière viticole.
« Les GIEE sont des instruments pour les agriculteurs qui sont isolés », lance le Premier ministre lors de la signature des cinq premiers projets de groupements d'intérêt économique et environnemental (GIEE) reconnus en Poitou-Charentes et Champagne-Ardenne, le 23 février au Salon de l'agriculture. En effet, les GIEE sont des « collectifs d'agriculteurs » s'engageant dans un projet pluriannuel « de modification ou de consolidation de leurs pratiques en visant à la fois des objectifs économiques, environnementaux et sociaux », définit un communiqué du ministère de l'Agriculture. Ils ont été créés par la loi d'avenir. « Agriculture et écologie ne sont pas contradictoires », enchaîne Manuel Valls.
Sortir les campagnes de l'isolement reste un leitmotiv du gouvernement. Un comité interministériel se tiendra dans « quelques jours » sur la ruralité, a assuré Manuel Valls lors de sa visite. « L'objectif est de mettre en œuvre toutes les mesures que nous avions commencé à travailler cet automne dans le cadre des Assises de la ruralité. Car il faut que les territoires périurbains, les espaces ruraux n'aient pas ce sentiment d'abandon qu'on a pu avoir par le passé », a-t-il déclaré. Pour lui, le vote Front national revient à « détruire le modèle européen qui a soutenu l'agriculture française » et a estimé que les « valeurs » des agriculteurs étaient « aux antipodes de l'extrême droite ». « L'extrême droite et le monde rural ne peuvent pas se retrouver », insiste-t-il.
Problématique viticole
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Après un petit déjeuner avec les éleveurs d'Interbev, Manuel Valls s'est arrêté un long moment au pavillon des vins. « C'est la première fois au Salon de l'agriculture qu'un Premier ministre fait un discours officiel avec un pupitre et se livre au jeu des questions-réponses avec les professionnels », fait remarquer Jérôme Despey, président de la filière vins à FranceAgriMer.
Parmi les revendications de la filière, celle-ci craignait que des dispositions soient prises pour interdire la publicité sur le vin dans la prochaine loi santé qui sera discutée dans quelques semaines à l'Assemblée nationale. Le Premier ministre a assuré à la filière viticole française « qu'aucune disposition » concernant un durcissement de la loi Evin ne serait prise dans la loi de Marisol Touraine. « En tant que pays exportateur –7 milliards d'euros d'exportations –, nous cherchons à soutenir ce qui concourt à notre identité dans le monde », indique Manuel Valls.
Au niveau du financement de l'OCM viti-vinicole au-delà de 2018, échéance du programme quinquennal viticole européen, Manuel Valls rappelle que le choix a été fait de conserver une OCM spécifique national. Les problèmes se poseront peut-être plus au niveau communautaire. « L'OCM n'est pas remise en cause jusqu'en 2018 mais il va falloir convaincre dès maintenant » avec des projets viticoles viables, insiste Jean-Marie Barrillère, président du Comité national des interprofessions viticoles (CNIV). Manuel Valls rappelle fièrement à la fin de son discours : « La France a retrouvé sa place de premier producteur de vins avec 87 000 exploitations, nous devons la conserver ! »