La situation sur la plupart des marchés agricoles de l’UE est positive, estime la Commission européenne. Trois filières, néanmoins, traversent une passe difficile : l’huile d’olive, secteur pour lequel Bruxelles va prochainement proposer une aide au stockage privé, le bœuf et le sucre. Le commissaire européen à l’Agriculture, Phil Hogan, a également souligné, à l’occasion de la réunion de ministres de l’Agriculture des Vingt-huit à Luxembourg le 14 octobre, que les incertitudes entourant le Brexit et les tarifs douaniers supplémentaires que menacent d’imposer les États-Unis à l’UE pourraient peser sur les marchés agricoles dans les prochains mois.
La situation des marchés agricoles s’améliore mais tout n’est pas stable, a résumé le commissaire européen à l’Agriculture Phil Hogan le 14 octobre à l’occasion de la réunion des ministres de l’UE à Luxembourg. Trois secteurs en particulier se trouvent dans des situations compliquées : l’olive (en particulier en Espagne), la viande bovine et le sucre. Situations qui pourraient encore s’aggraver avec les incertitudes entourant les tarifs douaniers supplémentaires que vont imposer les États-Unis sur les produits agricoles européens ainsi que le Brexit (1).
Phil Hogan a annoncé que la Commission européenne adoptera très prochainement des mesures d’aide au stockage privé d’huile d’olive pour soulager les producteurs espagnols. « La situation actuelle dans le secteur de l’olive en Espagne figure en haut de la liste des préoccupations de la Commission », a souligné le commissaire européen. Les niveaux élevés des stocks au niveau de l’UE et les perspectives d’une forte production dans les pays tiers pourraient exercer une pression supplémentaire sur des prix déjà bas. Et à cela devrait encore venir s’ajouter la récente décision de l’administration américaine d’imposer des droits de douane de 25 % – dans le cadre du conflit concernant Airbus – sur les exportations espagnoles d’huile d’olive en bouteille et d’olives vertes. Plusieurs milliers de producteurs d’olives espagnols avaient manifesté le 10 octobre à Madrid pour protester contre la chute des prix de l’huile d’olive.
Bœuf et sucre en difficulté
Le bœuf est « un autre secteur sous pression », indiqué Phil Hogan, avec des prix qui restent « au-dessous des niveaux de 2018 ». La Commission « est bien consciente du risque que présente le Brexit », mais a-t-il voulu rassurer, ses services sont « prêts à réagir, en utilisant tous les instruments disponibles dans le cadre des mesures de la Pac pour traiter d’éventuelles déstabilisations des marchés ». « Malgré la réduction de la demande chez certains de nos partenaires commerciaux importants, notre balance commerciale est largement positive et les exportations restent dynamiques », a-t-il néanmoins noté.
Autre secteur en difficulté : le sucre dont les prix moyens dans l’UE restent bas, à 320 € la tonne. Les prix mondiaux sont bas, les stocks de sucre élevés, et l’Inde a annoncé de nouvelles subventions pour 6 millions de tonnes d’exportations. « Il n’est pas vraiment possible de prévoir de changements immédiats en raison des difficiles négociations contractuelles entre les vendeurs et les utilisateurs de sucre », a prévenu le commissaire européen. Mais, a-t-il tempéré, les prix dans l’UE « continuent d’être sensiblement plus élevés que ceux sur le marché mondial » car ils sont basés sur des contrats signés des mois à l’avance. Et, de rappeler que la situation d’offre excédentaire depuis la fin du régime des quotas de sucre a été rééquilibrée, tandis que le secteur de l’UE « poursuit sa transition vers un environnement où les parties prenantes adaptent leurs décisions commerciales aux signaux du marché ».
Un nouvel observatoire pour le secteur viticole
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Le commissaire européen a par contre dressé un tableau positif de la situation de la plupart des autres secteurs agricoles. Notamment, celui de la viande porcine, avec une hausse des prix depuis le début de 2019, et une demande tirée par les exportations vers la Chine. Les prix moyens du porc dans l’UE sont actuellement à leur plus haut niveau depuis septembre 2013, à 184 €/100 kg, soit une hausse de 28 % par rapport à l’année dernière. Cependant, là encore, les incertitudes entourant Brexit et la menace que représente la peste porcine africaine, tant dans l’UE que dans les pays tiers, sont des préoccupations. Le marché laitier est, lui aussi, considéré comme équilibré (2).
Concernant les grandes cultures, l’offre mondiale est abondante et pèse sur les prix des céréales, tant sur le marché mondial que sur le marché de l’UE. Bien que cette tendance soit préoccupante pour les producteurs de céréales, elle est bénéfique pour le secteur de l’élevage, a souligné Phil Hogan.
Enfin, il a rappelé la création récente d’un observatoire du marché européen des fruits et légumes dont l’objectif est « d’améliorer la transparence du marché et d’intensifier les efforts en matière d’information commerciale ». Et un observatoire du vin sera lancé au mois de novembre, la sélection de ses membres étant désormais finalisée.
(1) Voir même numéro
(2) Voir n° 3711 du 07/10/2019