Projet de loi restrictifs en France et peut-être en Roumanie, blocages du commissaire européen à l’environnement, Stavros Dimas, et fortes réticences de la nouvelle commissaire européenne à la santé, Androula Vassilliou. Le lobby pro-OGM s’inquiète du contexte politique exécrable pour l’avenir des semences high-tech en Europe et du coup de frein porté aux dossiers d’autorisation de nouvelles semences transgéniques en cours d’examen. La Commission européenne va se pencher sur cette question le 7 mai prochain lors d’un débat d’orientation.
«Si aucune décision n’est prise dans les prochaines semaines, il est probable que rien ne bouge avant l’arrivée d’une nouvelle Commission et les élections européennes, c’est-à-dire rien avant 2010 », s’est récemment inquiétée la représentante d’un lobby pro-OGM. Il faut dire que depuis des semaines, les professionnels attendent le débat d’orientation annoncé en début d’année par le président de la Commission de Bruxelles, José Manuel Barroso, mais repoussé à de nombreuses reprises.
Débat d’orientation le 7 mai
Au cours d’une entrevue récente avec le commissaire européen à l’environnement, Stavros Dimas, M. Barroso a confirmé le principe d’un tel débat. Il est d’autant plus attendu par les semenciers qu’il conditionne le déblocage de plusieurs dossiers d’autorisation. M. Dimas a fait de l’interdiction de deux maïs OGM le préalable à l’autorisation de mise en culture dans la Communauté de la pomme de terre OGM Amflora. C’est ce « marchandage » que les vingt-sept commissaires doivent trancher. Finalement, le débat devrait avoir lieu le 7 mai prochain. Outre la question du processus d’autorisation, il devrait être l’occasion, pour les commissaires européens, de se pencher sur les clauses de sauvegarde imposées par plusieurs Etats membres de l’UE, dont la France, contre le maïs MON810.
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Campagne de promotion de la pomme de terre Amflora
Pour tenter d’accélérer le processus, la firme allemande BASF a lancé, le 17 avril, une vaste campagne de communication pour défendre sa pomme de terre transgénique. Dans une lettre ouverte adressée au commissaire Stavros Dimas, publiée dans plusieurs grands quotidiens allemands, l’entreprise assure qu’« Amflora est un produit sûr et protecteur de l’environnement, qui offre des avantages aux agriculteurs et à l’industrie en Europe ». Signée par Stefan Marcinowski, membre du directoire de BASF, la lettre demande à la Commission de statuer « sans nouveaux retards » sur la pomme de terre renforcée en amidon et essentiellement destinée à des usages industriels. Cette pomme de terre pourrait permettre à l’industrie et aux agriculteurs d’engranger un bénéfice supplémentaire annuel de 100 millions d’euros, évalue BASF. Les procédures durent depuis 2006, rappelle le groupe de Ludwigshafen.