La moisson 2016, insuffisante en volume et en qualité, occasionne des surcoûts de 20 à 30 euros la tonne de blé pour les fabricants de farine, a indiqué le 13 septembre la Meunerie française. Un nouvel appel à l’aide est lancé par la profession, qui réclame aux pouvoirs publics une suppression de la taxe farine.
L’ensemble des surcoûts liés à la mauvaise récolte représente « facilement 20 à 30 euros par tonne » de blé pour la meunerie, a déclaré Lionel Deloingce, président de l’ANMF (Association nationale de la meunerie française). Du tri est nécessaire, entraînant « un nombre d’analyses considérable ». 6 à 8 % des grains sont « impropres » après nettoyage, contre habituellement 2 % maximum. « Les rendements meuniers sont affaiblis », et des fabricants sont contraints d’« aller chercher plus loin » leur blé, a ajouté le président délégué Bernard Valluis. Si normalement 100 kg de blé tendre donnent 78 à 80 kg de farine, avec la récolte 2016 c’est 74 à 75 kg, d’après les premières estimations. La mauvaise récolte concerne plus fortement les grandes régions productrices, au nord-est d’une ligne allant de Nantes à Lyon, ce qui oblige des meuniers à s’approvisionner plus à l’ouest, d’où des surcoûts logistiques, a indiqué l’ANMF. Avec une qualité du blé déficiente, la farine doit par ailleurs subir une correction. Occasion pour la Meunerie française de rappeler une « limite technique : à moins de 74 kg/hl de poids spécifique, on n’est pas capable de transformer du grain en farine ». Or, 38 % du blé tendre récolté cette année apparaissent inférieurs à 72 kg/hl, d’après les résultats définitifs de l’enquête FranceAgriMer publiée le 14 septembre.
Importations marginales
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Bernard Valluis se veut toutefois rassurant : entre la récolte et les stocks, il y aura de quoi alimenter l’ensemble des professionnels français. La production est estimée par FranceAgriMer à environ 28 Mt de blé tendre, les stocks autour de 5 Mt, face à des besoins en meunerie inférieurs à 5 Mt. Les importations ont représenté 3,3 % du blé utilisé par les meuniers en 2015. Et ce chiffre ne devrait pas augmenter significativement, selon l’ANMF.
Confronté à une récolte céréalière catastrophique, le secteur espère plus que jamais une suppression de la taxe farine, réclamée depuis plusieurs années. « On attend une annonce du gouvernement dans le projet de loi de finances » (PLF) 2017, a expliqué Lionel Deloingce, qui en fait une « question de survie » : « Retrouver de la rentabilité, une capacité d’investissement est impératif ». La taxe farine payée par les meuniers représente, selon l’ANMF, une soixantaine de millions d’euros par an, un montant « supérieur à l’excédent brut d’exploitation de l’ensemble de la meunerie, qui est de l’ordre de 58 millions ». En juin dernier, une mission d’information parlementaire sur la fiscalité des produits agroalimentaires a préconisé la suppression de la taxe farine dans le prochain PLF, à l’occasion d’une refonte globale des taxes alimentaires.
La faible qualité du blé diminue le rendement meunier