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Max Havelaar labelise pour la première fois une filière française

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Des produits laitiers certifiés par l’ONG phare du commerce équitable arriveront prochainement dans les rayons des supermarchés et sur les tables des restaurants collectifs.

L’ONG Max Havelaar a annoncé, le 5 mai, le lancement de produits laitiers labellisés Fairtrade/Max Havelaar en partenariat avec la coopérative Maîtres Laitiers du Cotentin, une première pour des produits « origine France ». Deux références de fromages blancs (70 000 l de lait transformé par an) seront commercialisées fin mai-début juin en grande distribution et en restauration collective. Elles intègrent dans leur recette de la vanille et du sucre de canne issus de filières certifiées de pays du Sud. Il y a quelques mois, le label Max Havelaar avait fait part de sa volonté d’élargir sa certification équitable aux producteurs français et avait publié, dans la foulée, des cahiers des charges adaptés aux filières lait et blé.

« Nous avons adapté notre cahier des charges en tenant compte du niveau de développement et des spécificités de l’agriculture française, tout en gardant les fondamentaux du commerce équitable », explique Blaise Desbordes, le directeur général de Max Havelaar. Il en récapitule les principes de base, définis dans la loi : « Apporter une réponse à des agriculteurs qui sont en situation de vulnérabilité » ; « apporter aux producteurs un prix garanti rémunérateur » ; et « apporter un complément de prix pour des projets collectifs (la prime de développement chez Max Havelaar, ndlr) ».

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Un prix rémunérateur et territorialisé

Plusieurs coopératives laitières et céréalières se sont manifestées pour intégrer la démarche et obtenir la certification, dont la coopérative laitière de la Sèvre, la laiterie coopérative de Pamplie et le groupe coopératif Vivadour. Concernant la rémunération des producteurs, la méthode développée par Max Havelaar prend en compte « les différences des territoires et de rendement des sols ». Ainsi, en filière lait, le prix de base minimum – auquel s’ajouteront des « bonifications » – a été fixé à 390 €/1 000 l en Normandie et 395 €/ 1 000 l en Charentes. En partant d’un revenu « souhaité » par les éleveurs, l’ONG a fixé un objectif chiffré de 2 Smic par UMO, et un minimum de 1,5 Smic par UMO.

Conformément aux garanties d’une certification commerce équitable, un complément de prix sera versé dans une cagnotte pour des investissements collectifs. Les partenaires français de Max Havelaar ont fait part de leur intention de s’en servir comme d’une aide pour les agriculteurs « en détresse » ou dans des investissements favorables à la préservation de l’environnement, indique Blaise Desbordes. En 2021, les ventes de produits labellisés Max Havelaar ont augmenté de 21 % (1 219 M€ de CA). Une croissance « exceptionnelle » tirée par les ventes de café consommé hors domicile, le chocolat et la banane, précise l’ONG dans un communiqué.

Plusieurs coopératives laitières et céréalières se sont manifestées