Météo-France table sur un phénomène El Niño « faible à modéré » à la fin de l'année, avec « quasiment pas d'impact sur les côtes occidentales de l'Europe ». Ce type de prévision saisonnière trouve des applications de plus en plus larges, y compris en agriculture.
« Nos dernières prévisions saisonnières au 15 juin vont dans le sens d'un El Niño faible à modéré, avec une intensité maximale à l'automne », a indiqué Jean-Pierre Céron, directeur adjoint de la climatologie chez Météo-France, le 25 juin en conférence de presse. Une affirmation teintée de prudence, notamment sur l'ampleur du phénomène météo. « C'est pratiquement impossible d'en prédire la force, selon lui. Avec un El Niño faible à modéré, on peut s'attendre à quasiment pas d'impact sur les côtes occidentales de l'UE. » Modéré à fort, il a tendance à provoquer des hivers plus doux en Europe centrale. Les effets les plus marquants concernent d'autres régions du globe : déficit pluviométrique en Australie orientale, Indonésie, Inde, Afrique australe, nord-est du Brésil ; pluies excessives sur la côte ouest de l'Amérique du Sud, dans le nord de l'Argentine et en Uruguay, en Afrique de l'Est équatoriale, dans le sud des Etats-Unis ; gel des agrumes en Californie.
Des prévisions utiles pour l'agriculture
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Les prévisions saisonnières trouvent des applications de plus en plus larges. « En Australie, toute l'agriculture s'organise à partir des prévisions saisonnières sur El Niño ou La Niña (phénomène aux conséquences météo inverses, ndlr), a souligné Jean-Pierre Céron. Cela va du choix variétal aux méthodes culturales. » En matière d'hydrologie, il s'agit d'évaluer les risques de sévérité des étiages et des crues. Les prévisions de Météo-France servent à anticiper le débit des rivières, l'humidité des sols, à la gestion des ressources en eau, des barrages. « On mène des travaux avec deux agences de l'eau dans le cadre du programme européen Euporias, qui s'étale jusqu'en 2016, a-t-il précisé. Le système tourne déjà de manière pré-opérationnelle. » Les agences de l'eau concernées, Seine-Normandie et Adour-Garonne, reçoivent des informations climatiques venant de Météo-France, qui leur servent à prendre des décisions.
Pour le grand public, des bulletins de prévisions saisonnières sont diffusés chaque mois. Les modèles concernant le trimestre à venir ne dégagent « aucun scénario pour les températures et les précipitations » sur l'Europe comme sur la France métropolitaine.