Alors qu’une trentaine de pays ont annoncé à la Cop26 leur intention de réduire leurs émissions de méthane de 30 % en dix ans, associations et experts demandent des engagements concrets autour de cet objectif. Peter Stevenson, conseiller politique du CIWF, estime ainsi dans un communiqué du 5 novembre que « sans une réduction mondiale urgente et significative de la consommation de viande et de produits laitiers, nous serons incapables d’atteindre les objectifs de l’Accord de Paris ».
Selon une étude parue en 2018 dans la revue Climate Policy, et citée dans le rapport de l’ONG, la poursuite des tendances au niveau mondial conduirait dès 2030 l’élevage à émettre 40 à 50 % du total d’émissions limitant le réchauffement à 2°C. « La plus grande réduction devrait venir des élevages industriels de monogastriques et du secteur des feedlots bovins, et la plupart des volumes de lait et de viande devraient provenir de ruminants pâturant dans des prairies », insiste l’ONG. Et de déplorer, en conclusion, qu’aucun pays au monde, dans le cadre des contributions nationales soumises à la Cop26, « ne s’est engagé à réduire la production de bétail ou à encourager une consommation moindre de viande et de produits laitiers ».
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Pour Laurence Tubiana, architecte des accords de Paris et présidente de la fondation européenne sur le climat, il faudrait même sur le méthane « un instrument juridique - un protocole, comme celui qui existe pour les gaz HFC ». Plus généralement, l’ancienne diplomate s’est interrogée dans cet entretien avec l’AFP sur les résultats concrets qu’apporteront les annonces de la communauté internationale à Glasgow sur le méthane, la déforestation, ou encore le charbon. « Ces engagements sont volontaires, sans cadre réel, sans évaluation des pairs. Nous ne savons pas comment ils seront mis en œuvre », insiste Laurence Tubiana.