Abonné

Méthane entérique : le HCC retoque l’indicateur PRG*

- - 3 min

Le Haut conseil pour le climat (HCC) estime que le PRG*, indicateur contesté, utilisé par le Planet Score, n’est pas pertinent pour les principaux usages (comptabilité, analyse de cycle de vie, affichage environnemental).

Dans son rapport annuel paru le 3 juillet, le Haut conseil pour le climat (HCC) estime que l’indicateur alternatif PRG*, utilisé par le Planet score pour le méthane entérique, n’est pertinent ni pour la comptabilisation des émissions, ni pour l’affichage environnemental. En matière de comptabilité, le HCC estime que « l’élargissement de l’utilisation du PRG* pour des inventaires de comptabilisation d’émissions pose de nombreux problèmes ». En outre, « l’équité entre émetteurs émettant à des périodes différentes n’est pas respectée par une approche PRG* », ce qui conduit le HCC à conclure qu’elle « ne peut donc pas être utilisée comme instrument de comptabilisation des émissions ». Sa mise en oeuvre n’est pas non plus « adaptée à des analyses en cycle de vie ou des calculs d’empreinte carbone », estime le HCC, constatant qu'« une baisse des émissions pendant plusieurs décennies donne une valeur négative au PRG* ce qui conduirait à favoriser la consommation de produits rejetant du méthane dans l’atmosphère, dès lors que ces émissions diminueraient ». Il ajoute que « les difficultés de collecte des données associées aux émissions de méthane par unité produite dans le temps (par exemple, 20 ans) rendent difficiles d’appliquer une métrique PRG* dans le contexte de l’information environnementale liée à l’alimentation ».

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Une « astuce comptable »

Deux jours plus tôt, 26 scientifiques alertaient sur le mésusage du PRG*, accusant les gouvernements néo-zélandais et irlandais de vouloir utiliser une « astuce comptable » pour soutenir leurs industries ovine et bovine, menaçant la lutte contre le changement climatique. C’est ce qui ressort de leur lettre au Premier ministre néo-zélandais et d’interviews au Financial Times (article payant). Il profite aux pays riches et cheptels importants, pénalisant entre autres « les fermiers pauvres en Afrique qui tentent de nourrir une population en croissance », a déclaré au FT Drew Shindell, cosignataire. Son confrère Paul Behrens ne mâche pas ses mots : « C’est comme dire " Je déverse 100 barils polluants dans cette rivière, cela détruit la vie. Si je n’en déverse que 90, je devrais être crédité pour cela. " ». La lettre critique la notion de « pas de réchauffement supplémentaire » utilisée par la Nouvelle-Zélande, dans un document officiel en préparation. « Cette décision pourrait mettre en péril [ses] engagements dans le cadre de l’Accord de Paris » et créer un précédent pour les autres pays.

Les gouvernements néo-zélandais et irlandais pointés du doigt