Le Parlement européen devrait aller dans le sens de la stratégie proposée par la Commission européenne en ne proposant pas, dans un premier temps, de mesures contraignantes afin de réduire les émissions de méthane du secteur agricole. Les parlementaires préviennent néanmoins que le secteur devra faire des efforts.
Les membres de la commission de l’Environnement du Parlement européen qui ont entamé l’examen de la stratégie européenne pour réduire les émissions de méthane (1) ne devraient pas remettre en cause les orientations choisies par Bruxelles pour le secteur agricole. Le projet de rapport de María Spyráki (PPE, Grecque), qui a fait l’objet d’un premier échange de vues le 14 juin, soutient la proposition de la Commission de s’en tenir, dans un premier temps, à mieux mesurer les émissions européennes, notamment du secteur agricole responsable de plus de la moitié d’entre elles, et à diffuser les bonnes pratiques d’atténuation sans se fixer d’objectif chiffré.
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Le rapport parlementaire souligne quand même que des réductions des émissions de méthane supplémentaires – allant jusqu’à 35 à 37 % d’ici 2030, selon les estimations – sont nécessaires, si l’UE veut atteindre ses objectifs climatiques.
Agir dès que possible
Dans le secteur de l’agriculture, la stratégie prévoit, entre autres, la création d’un groupe d’experts chargé d’analyser les émissions de méthane tout au long de leur cycle de vie. Mais s’il y a effectivement des difficultés inhérentes à la mise en place d’un système de surveillance, de déclaration et de vérification précis des émissions de méthane du secteur agricole, « il est possible d’adopter des mesures pour limiter les émissions de méthane avant la mise en œuvre d’un tel système », prévient le rapport parlementaire.
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Les eurodéputés soulignent également que les technologies et pratiques visant à limiter les émissions de méthane provenant de l’agriculture évoluent rapidement et invitent donc la Commission à veiller à ce que des innovations efficaces et rentables soient rapidement mises en œuvre et intégrées dans ses politiques agricoles. Ils insistent à ce titre sur le rôle clé que l’UE devrait jouer dans le soutien à la recherche, à l’innovation et au développement, ainsi que dans l’expansion des nouvelles technologies permettant de lutter contre les émissions de méthane provenant de l’élevage (en particulier les additifs pour l’alimentation animale), tout en protégeant la santé et le bien-être des animaux.
La commission de l’Environnement devrait se prononcer dans les prochaines semaines sur ce dossier (la date limite pour le dépôt des amendements est fixée au 21 juin) qui sera ensuite soumis à un vote en plénière probablement après l’été.