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Méthanisation : le Sénat veut plus de certitudes avant de rehausser les objectifs

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La loi quinquennale sur l’énergie de 2023 pourrait très bien réévaluer l’objectif, qui est pour l’instant de 10 % de gaz renouvelable d’ici à 2030, s’il est prouvé que la méthanisation est vertueuse. Tel est le sens du rapport de la mission d’information du Sénat La méthanisation dans le mix énergétique, enjeux et impacts, présenté le 5 octobre à la presse par ses deux auteurs sénateurs, Pierre Cuypers (LR, Seine et Marne), président de la mission, et Daniel Salmon, Écologiste - Solidarité et Territoires (Ille-et-Vilaine).

L’objectif de 10 % pourrait-il être porté à 20 ou 30 %, voire plus ? « Nous n’avons pas à nous prononcer sur un taux, mais il faut, pour qu’un tel objectif puisse être recherché, être certain que la méthanisation contribue pleinement à la lutte contre le changement climatique », a répondu Daniel Salmon. Pour lui, « il faut encore lever quelques doutes ». Le sénateur écologiste a insisté sur la nécessité d’avoir la certitude que les cultures intermédiaires à vocation énergétique (Cive) ne sont pas poussées avec des engrais de synthèse et des phytos. Il faut aussi que l’appétit des méthaniseurs en matières premières qui pourraient alimenter le bétail ne vienne pas assécher l’approvisionnement des élevages. Citant le cas d’apports de maïs pour alimenter des méthaniseurs, le sénateur d’Ille-et-Vilaine a indiqué la volonté de la mission « d’éviter les conflits au sein du monde agricole » et d’inciter au contrôle de ces pratiques.

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Le rapport souligne l’utilité de la méthanisation pour la transition et la souveraineté énergétiques pour des raisons à la fois climatiques et géopolitiques, a précisé quant à lui Pierre Cuypers, agriculteur. Pour que la méthanisation poursuive son expansion, le rapport préconise des financements prenant le relais des soutiens publics, via la mise en place de certificats de production de biogaz.

Éviter de pousser les Cive avec des engrais de synthèse et des phytos